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 ft 'Rhys ⊰ I can't breathe...

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Ici depuis : 10/03/2015

MessageSujet: ft 'Rhys ⊰ I can't breathe... Mar 10 Mar - 21:55


   
Emrys & me
   
   
My love is wasted. Sorry for this I never meant to be. Hurting ourselves. And I'm complicated. You won't get me out of trouble, understanding myself...
   
Je souffrais le martyre. Je souffrais vraiment, physiquement, autant que psychologiquement et ce depuis une semaine. Depuis qu'il avait tourné les talons à vrai dire... Depuis que c'était réellement fini. Oui, réellement, parce qu'enfin, les mots avaient été dit. Après un an de fuite en avant, de relation achevée sans mots, sans dire adieu, nous avions enfin eu cette conversation que je ne voulais surtout pas avoir, Emrys et moi et comme je l'avais pensé, cela avait terminé de m'achever. Preuve en était de ma ruine que j'avais exceptionnellement fermé le café trois heures plus tôt, là où d'ordinaire, j'avais tendance à prolonger au maximum tant qu'il y avait des clients, tant que je pouvais m'occuper l'esprit à tout sauf à penser. Mais cette journée là m'avait fait trop mal. Malgré les clients, malgré les papiers à remplir, malgré tout, je n'avais fait que penser à lui. Lui l'amour de ma vie, lui qui portait toujours notre gage d'amour éternel autour du cou, lui qui n'arrivait pas à m'oublier... Ne voulait pas m'oublier, quand moi je faisais tout pour qu'il le fasse, pour qu'il soit heureux, avec une autre que moi. Était-je vraiment si folle que cela ? Combien de femmes amoureuses priaient pour que l'amour de leur vie trouve quelqu'un d'autre ? Combien d'entre elles quittaient un homme, justement parce qu'elles l'aimaient trop pour pouvoir continuer à l'aimer publiquement ? J'étais une femme comme une autre. Je n'étais pas différente des autres. J'aimais Emrys de tout mon cœur et je savais qu'apprendre qu'il voyait quelqu'un d'autre m'aurait tué, mais savoir qu'il n'avait personne, qu'il ne voulait personne et qu'il allait souffrir, probablement toute sa vie, par ma faute, me tuait plus encore...

Alors, depuis une semaine, je n'étais qu'une loque sans fard. Un amas de chair et d'os, qui n'avait plus l'apanage d'avant. J'entendais l'inquiétude dans la voix de Jayleen, que je n'avais entraperçue que brièvement au cours de la semaine et que j'avais plus ou moins évité en prétextant avoir trop peu de temps pour courir à droite à gauche régler des commandes et de nouveaux partenariats. Je voyais l'inquiétude dans le regard de mes employés, qui se gardaient bien, pourtant, de me demander comment aider, ne sachant pas quoi me dire pour comprendre, pour que les choses aillent mieux. Je la sentais en moi-même, l'inquiétude grandissante en moi, la peur de ne jamais réussir à sortir la tête de l'eau... Je me noyais, littéralement. Je me noyais dans la Tequila, ma meilleure ennemie depuis que j'avais décidé de partir de chez moi, des bras d'Emrys. Je me noyais dans les souvenirs, jouant et rejouant encore les scènes de ma mémoire, pleurant jusqu'à l'épuisement devant les quelques vidéos que j'avais conservé de lui, de nous. Je me noyais dans la misère, incapable d'en sortir. Le voulais-je seulement ? Je l'aimais depuis si longtemps. Il était mon 'Rhys depuis si longtemps. J'avais grandi avec lui. J'étais devenue celle que j'étais avec lui, grâce à lui, pour lui... Qu'est-ce que je pouvais être sans lui ? Pouvais-je seulement exister si je n'avais plus ses bras autour de moi ? J'en doutais fortement. Principalement parce que depuis que je ne l'avais plus, j'avais froid. J'avais froid tout le temps et pour tout. En hiver sous la neige, en été sur la plage, devant mon four à 200°... J'avais froid tout le temps, sans arrêt, parce que je n'avais plus ses bras. Je n'étais plus contre lui, la tête enfouie contre son cou, les jambes entremêlés aux siennes, les doigts traçant de belles constellations sur sa peau tendre. Le vide et le froid étaient tout ce qu'il me restait maintenant, là où mon monde était si chaud avant... Alors, exister sans lui me semblait bien difficile.

Surtout quand je passais la nuit allongée, incapable de m'endormir, les yeux rivés sur son sac professionnel. Après son départ, lors de cette fameuse journée, mon employée était venue me voir en disant qu'un sac avait été délaissé près du comptoir et à la seconde où je l'avais vu, j'avais su qu'il était à lui. Je n'avais que trop reconnu le bracelet accroché à la fermeture éclaire. Un babiole sans valeur, que Dan m'avait offert quand je n'étais encore qu'une gosse. Un bracelet idiot, que j'avais conservé toute ma vie à mon poignet parce que c'était un cadeau de mon frère adoré. Un bracelet prophétique, qui s'était cassé et était tombé de mon poignet deux jours seulement avant l'accident qui les avaient emportés lui et maman. N'y prêtant pas garde sur le coup, je l'avais laissé sur le meuble près de la porte de notre appartement et l'y avait oublié, n'y prêtant même pas attention lorsque j'étais partie définitivement de chez nous... Emrys l'avait finalement accroché à son sac et ce simple fait me retournait l'estomac, parce qu'il avait dû passer du temps dessus pour pouvoir l'accrocher et qu'il ne l'avait clairement pas fait juste parce qu'il trouvait la babiole jolie. Avoir les yeux rivés sur le sac et sur le bracelet toute la nuit était une autre de mes tortures quotidiennes, qui me rappelait douloureusement le mal que je lui (nous ?) avais fait. Alors je ne le lui avais pas encore rendu. Chérissant la possession autant que la détestant. Je voulais tant le lui rendre, son foutu sac, mais chaque fois que j'avais voulu l'appeler pour l'informer que je l'avais, chaque fois que j'avais pris mon courage à deux mains pour saisir son nom dans mon répertoire, je m'étais mise à trembler comme une feuille et les larmes s'étaient remises à couler toutes seules, sans que je ne puisse avoir le moindre contrôle sur elles. J'avais tenté d'appeler Jayleen, pour qu'elle le lui fasse passer, mais lui dire que j'avais le sac de son frère m'aurait obligé à lui dire que nous nous étions revus et que cet oubli était dû au fait que notre conversation s'était très mal terminé. Je n'étais pas encore prête pour cela, alors je m'étais tut, attendant qu'il revienne le chercher, s'il le voulait ou attendant que le courage me vienne... ou que la vision de ce sac et de ce bracelet me devienne si insupportable que le lui rendre m'aurait semblé plus acceptable...

« Il faut vraiment que tu arrêtes de te retrouver dans ce genre de situations Pepper », soufflais-je en moi-même alors que je me redressais sur la table d'auscultation, m'asseyant en soufflant furieusement. Jamais il n'allait arriver ce fichu médecin. Autant appeler une sage femme ou je ne sais quoi et lui laisser faire le sale travail. Pourquoi n'avait-il pas fait cela, au lieu de me laisser là avec juste moi-même et ma satanée tête trop pleine d'informations ? Dépitée, je me laissais retomber en arrière, la tête tapant contre l'appui tête, alors que je fermais les yeux en rageant.

« Toutes mes excuses, mademoiselle O'Connor », s'exclama enfin le médecin en entrant dans la pièce, refermant soigneusement la porte derrière lui. « Donc, où en étions-nous avant d'être interrompue de façon impromptue ? » Avec un soupir las, je pointais mon bas ventre des index. « Il faut que vous m'enleviez ça ! », lui rappelais-je, serrant les cuisses malgré moi. Depuis notre dernière étreinte avec Emrys, personne n'avait été visiter de ce côté-là et je devais avouer qu'après tant de temps, qu'un homme vienne y mettre son nez avait plutôt tendance à me gêner grandement, alors même que le médecin devant moi m'avait suivi depuis le premier jour où j'avais mis les pieds dans ce cabinet. Peut-être prendre une gynéco femme, maintenant, songeais-je un instant avant de me raviser. Non. J'avais déjà suffisamment chambouler mon existence comme cela et les affaires que nous avions ensembles étaient purement professionnelles. Je n'avais pas à être gênée. Je n'avais pas à envisager de mettre fin à cette relation là aussi. Point. Je ne m'y refusais que trop.

Le médecin tenta un trait d'humour en me demandant de quoi je parlais exactement, mais devant mon air sérieux et blasé, il cessa de rire et s'installa, me donnant les indications sur ce que je devais faire.

« Bon et bien je vous souhaite bonne chance », s'exclama le médecin alors que j'enfilais mon pull. « Pour ? », questionnais-je, m'arrêtant pour le fixer avec surprise. « Tomber enceinte. » Mon coeur s'emballa à la simple évocation de cette idée et je secouais vivement la tête. « Ce n'est pas mon intention. » Le médecin leva des yeux surpris vers moi, me regardant un moment avant de pencher la tête sur le côté. « Pepper, je vous connais depuis quoi ? Dix ans maintenant. Vous êtes l'une de mes patientes les plus rapidement passé au stérilet pour votre contraception et aujourd'hui, vous ne souhaitez plus en avoir. J'ai cru que vous et votre compagnon vouliez essayer d'avoir un enfant... » Cette image là, plus encore, faisait un mal de chien et m'obligeait à détourner les yeux. J'entendis l'homme appeler mon prénom, doucement, presque avec tendresse. « Nous sommes séparés... », soufflais-je, mettant mon manteau et attrapant mon sac. « Voilà pourquoi je n'ai plus besoin de rien. » « Je suis désolé pour vous. Mais vous devriez quand même garder une contraception, vous êtes encore jeune, vous pourriez rencontrer quelqu'un et... » Je secouais la tête violemment, ce qui suffit pour le couper dans sa phrase. « S'il vous plait, Pepper... Je vais au moins vous prescrire une contraception d'urgence, juste au cas où. Et si jamais vous avez besoin d'en reprendre une... passez-moi juste un coup de téléphone et je vous préparerais tout pour que vous n'ayez pas à reprendre une consultation... d'accord ? »

Tout en parlant, il avait griffonné sur son carnet d'ordonnances et me tendit rapidement la feuille avant que je ne m'enfuis. Après un instant à le regarder, je hochais la tête et fourrais le papier dans mon sac, le remerciant avant de lui dire au revoir et de quitter le cabinet. L'image d'Emrys et moi devant un écran d'échographie me hantait encore alors que s'ouvrait les portes de l'ascenseur et c'est sans prêter garde aux autres passagers que j'y entrais à mon tour. Les portes étaient à deux doigts de se refermer quand une main bloqua l'entreprise, forçant les portes à se rouvrir. Une femme survoltée et visiblement très très enceinte entra alors dans l'ascenseur en s'excusant platement d'avoir retardée l'appareil qui, lui, reprit sa fermeture et entreprit la descente tant espérée. Je voulais sortir de là au plus vite. Depuis le décès de ma mère et mon frère, j'étais devenue plutôt claustrophobe. Mes cauchemars s'étaient rapidement rythmés dans la mise en scène macabre de ce jour maudit et si les premiers avaient porté sur l'image que je me faisais des derniers moments de ceux qui m'étaient si chers, ils avaient rapidement virés d'histoire, quand j'avais fait le lien entre Emrys et là où il aurait dû se trouver ce jour-là. Mes cauchemar s'étaient alors empreint de sa présence et je l'avais vu mourir de mille manières différentes dans l'espace exigu qu'offrait la voiture de mon cher frère. Ces cauchemars-là avaient duré des mois et quand finalement ils s'étaient calmés, c'était moi dans la voiture, seule et asphyxiée, terrorisée et mourante... Personne n'avait plus été là à mes douloureux réveils en sursaut pour m'étreindre et m'assurer que ça allait passer. Que le peu de monde qu'il nous restait était vivant. Personne n'était là pour me promettre que moi, j'étais toujours vivante. Alors, avec les cauchemars s'était développée la phobie des espaces clos et du manque de contrôle, deux choses qu'offraient généreusement un ascenseur.

« Ooooh merde ! », souffla soudain la femme enceinte à côté de moi, me faisant réaliser qu'en trois étages, l'ascenseur s'était plus que vidé, nous laissant toutes deux effectuer les deux derniers seules... Sauf que l'ascenseur ne bougeait plus et le chiffre affiché au compteur ne cessait d'osciller entre 2 et 1... « Non... », soufflais-je à mon tour, me précipitant sur le panneau de commande pour appuyer frénétiquement sur le zéro restant obstinément éteint, comme tous les autres boutons. « Non, non, non, non, non... », suppliais-je, déjà au bord des larmes, la respiration saccadée, rapide et incontrôlable. « Non, non, non,... Pas ça... » « Heu... S'il vous plait, mademoiselle... Je vous en prie, calmez-vous parce que... moi et les ascenseurs on ne fait pas trop bon ménage et le docteur a dit que je devais ménager mon stress pour le bébé et là vous n'aidez pas du tout et... »

Tout en parlant, la jeune femme s'était mise à caresser frénétiquement son ventre, contractant plusieurs fois la main, avant de se plier soudainement en grimaçant de douleur. « Et le stress n'est vraiment pas bon pour le bébé... Je... » Je l'aidais à s'asseoir, la panique grandissante, alors que je voyais ses yeux se troubler de plus en plus. « Hey.... Hey... mademoiselle, non... Non, restez avec moi... Restez avoir moi, je vous en prie... » Mais elle ne répondait pas, achevant de glisser contre la paroi en perdant connaissance... Super. J'étais seule, terrorisée dans une cage d'ascenseur et en présence d'une femme enceinte qui venait de perdre connaissance et ne répondait pas à mes suppliques de se réveiller. Dans un geste inespéré, je me levais d'un bond et appuyait frénétiquement sur le bouton d'alarme, rageant impatiemment face à la ridicule musique d'ambiance qui annonçait que l'appel était en cours et que je devais attendre.

Puis une voix, enfin, qui me demanda la nature du problème. « Je... Je suis dans l'ascenseur... Je suis coincée... Et il y a cette femme... Elle est enceinte et... Mon dieu, sortez-moi de là tout de suite... Elle s'est évanouie... Bordel... Venez vite... VITE !!! », hurlais-je, ayant de moins en moins l'impression d'être compréhensible. Et comme si cela ne suffisait pas, l'autre idiot au bout de la ligne me demandait de me calmer. Comme si je pouvais me contrôler là, dans cette boite mortelle, dans cette situation précise. Entre deux crises de panique et de larmes, je parvins à lire le numéro de série de l'ascenseur, ce qui lui permit de m'assurer qu'une équipe était en route, puis il me demanda comment allait la femme - « Toujours inconsciente... Elle ne répond pas. Bordel ! » - et si elle respirait encore - « Oui... Mais je ne sais pas pour combien de temps... Elle est mal positionnée... » -. J'avais encore des restes. Malgré la panique, j'avais encore des souvenirs des cours que Rhys lisait assidûment et que je lisais au creux de ses bras, sans en comprendre la moitié du sens. L'homme parla de la bouger, d'une position sécuritaire et je me souvins cette fois des gestes de premier secours qu'il m'avait appris. Oui ! La position latérale de sécurité...

Dans un dernier effort de concentrations, tremblant plus qu'autre chose, je la mis dans ladite position, avant de m'éloigner d'elle le plus possible pour me recroqueviller dans un coin, suppliant pour qu'on vienne nous chercher, m'enfonçant peu à peu dans le noir. L'ascenseur fini par disparaître, la fraicheur aussi, la voix de l'homme au bout du fil qui ne cessait de me demander comment elle allait, quel était mon nom, me faisant le décompte du temps qu'il restait avant que les secours n'arrive. Je n'entendais plus rien de ses mots, ne voyait plus rien de ses murs lumineux bien trop proches de moi, ne sentait plus la fraicheur de la paroi dans mon dos. J'étais dans mon cauchemar, j'asphyxiais, me noyait dans le noir... sauf que cette fois, c'était bien réel. J'allais mourir ici...

(c) fiche:WILD BIRD, flowers texture: mirandah & gifs: tumblr


   

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❝'cause it's always been you and me against the world❞
No matter what they say. No matter what this life is. You are my best friend, my sister, my soulmates. It's always been you and me against the world, against the death... the life. My problem is you are just like him. I can let you go, but it's so hard to see him in your eyes, in your smile,... But it's doesn't matter. No matter what this life is. It's always been you and me against the world...
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MessageSujet: Re: ft 'Rhys ⊰ I can't breathe... Mar 10 Mar - 21:57



❝I can't breathe...❞
Pepper & Emrys
Pendant un an, j’étais au fond du trou. Je pensais vraiment avoir touché le fond, je ne pouvais pas descendre davantage. Ma vie était devenue une douleur sans fin, un enfer. Je m’étais réfugié dans l’alcool, je ne savais plus ce que ça faisait de sourire ou de se sentir bien, heureux. J’avais oublié ce sentiment. J’étais devenu l’ombre de moi-même, ne vivant plus que pour mon boulot et ma sœur, quand elle avait besoin de moi. Parce qu’elle a sa vie maintenant, ce n’est plus comme quand on était enfants. Elle n’a plus autant besoin de moi qu’avant. Pareil pour mon père, il vit très bien sa vie maintenant. J’avais longtemps pensé que je ne pourrais pas tomber plus bas. Je me trompais. La tristesse, la peine, le mal-être est un gouffre sans fond. Il y a toujours pire. Depuis une semaine, depuis ce jour fatidique où je l’ai revue pour cette fameuse explication, c’est encore pire. Depuis que je sais qu’elle ne m’aime plus et que plus jamais je ne pourrais la prendre dans mes bras, sentir sa peau contre la mienne, sa chaleur, son souffle, mon monde s’est écroulé encore plus. Je vis une descente aux enfers depuis un an, il semblerait que la chute ne soit pas terminée, et qu’elle s’est même accélérée.

Quand je suis retourné à la caserne la semaine dernière, après notre entrevue, j’avais les yeux rouges, une mine affreuse. Mon chef pensait même qu’il m’était arrivé quelque chose de dramatique. Presque. Je n’avais pas pu lui mentir pour l’échec de ma mission. Je lui avais simplement dit que je n’avais pas pu entrer dans le café parce que la gérante était mon ex, que je n’avais pas eu le courage. Evidemment, il m’a passé un savon, me rappelant que la vie personnelle et la vie professionnelle n’ont pas à interférer. Je n’avais rien à dire pour ma défense, il avait raison. Je suis faible. D’ailleurs, en voyant mon état minable, pitoyable, il m’avait congédié pour la journée et m’avait imposé deux jours de repos forcés pour que je me remette d’aplomb. Pour mon bien qu’il disait. Il ne se rend pas compte que me retirer mon travail, ce qui me permet de me lever chaque matin, n’est absolument pas pour mon bien. Mais je n’avais pas le choix, je devais lui obéir. Alors, malgré moi, je suis rentré chez moi. Je me suis assis dans mon canapé, fixant l’écran éteint de ma télé et ses mots résonnaient sans cesse dans ma tête, l’homme que j’aimais. Cette phrase repassait en boucle sans que je ne puisse l’arrêter. Alors pour mettre un terme à tout ça, j’ai attrapé ma bouteille neuve de whisky. Je me suis pris une cuite monumentale ce jour-là. Mes deux jours de repos, je ne les ai pas vus passer. J’ai passé l’un des deux jours à dormir et l’autre dans les toilettes. Le lendemain, la reprise du boulot a été difficile.

Surtout que je devais faire semblant de chercher mon sac dans la caserne. Je n’avais pas dit immédiatement à mon boss que j’avais perdu mon sac. Du moins, j’avais prétexté que je l’avais égaré dans la caserne et que je le retrouverai. Mais je savais pertinemment où il se trouvait. Je l’avais oublié dans le café. Cependant je n’avais pas la force de retourner le chercher. C’était trop difficile. J’espérais juste que Pepper le déposerait chez Jay et que ma sœur m’appellerait pour que je vienne le chercher. Ma pauvre Jay, je l’avais d’ailleurs évitée toute la semaine. Elle avait tenté de m’appeler, j’avais fini par décrocher au bout de la cinquantième fois en lui disant simplement que j’allais bien. Je ne voulais pas en parler. Je ne voulais pas m’étendre sur le sujet au risque de l’inquiéter, alors comme d’habitude, je feintais d’aller bien. Je sais qu’elle n’est pas dupe, mais elle n’insiste jamais, attendant surement que j’en parle de moi-même… J’essaye de faire ce que je peux pour ne pas qu’elle s’inquiète. Mais je ne sais pas si j’y parviens. Je veux juste la tenir à l’écart pour ne pas qu’elle voit dans quel état lamentable son frère se trouve. Je ne veux pas voir la peine dans son regard, ou l’inquiétude. Je veux qu’elle profite de sa vie sans avoir le poids de son frère misérable sur les épaules. Je n’ai pas le droit de lui imposer ça, c’est mon problème pas le sien. Je ne peux pas l’impliquer dans mes histoires, même si je sais qu’elle ferait n’importe quoi pour m’aider. Je ne veux pas la faire souffrir, pas pour moi. Alors tant pis, je préfère sombrer toujours plus, seul. Je n’ai pas besoin d’aide, personne ne peut m’aider. Personne ne peut m’apporter ce que je veux. Personne ne peut atténuer ce que je ressens. Une partie de moi a été arrachée, une seule personne peut me la rendre, mais elle ne le fera pas, elle ne le fera plus. C’est trop tard. Je suis condamné à subir mon existence pour le reste de ma vie. Cependant, je sais que mes forces s’amenuisent de jour en jour et un beau jour, je n’aurais plus la force de me lever chaque matin. Je n’aurais plus la force de faire semblant que tout va bien, je n’aurais plus la force de vivre. Et ce jour-là, ce sera fini. Je ne peux et ne veux pas vivre de cette manière pendant encore de nombreuses années. Le fait que je serais fier de mourir en sauvant une vie prend de plus en plus de sens et d’importance chaque jour. Ma vie touche à sa fin. Dans les années à venir, peut-être une dizaine d’années maximum, je n’aurais plus la force de rien, alors à quoi bon continuer ? Là n’est pas encore le sujet mais à présent, je me donnerais corps et âme pour sauver les autres, peu importe si je dois y rester. C’est en tout cas mon état d’esprit actuel. Ma sœur finira par se trouver quelqu’un et moi je resterai désespérément seul. Je vais finir par devenir un fardeau. Je n’aurais plus rien, alors à quoi bon continuer ? La dépression me guette, je sais que je vais finir par y plonger. Ce n’est qu’une question de temps. Qui sait ? Je suis déjà peut-être atteint pour penser de cette façon…

Toujours est-il que depuis tout petit, Pepper est à mes côtés. On a grandi ensemble, on a toujours vécu l’un collé à l’autre. J’ai littéralement perdu mon pilier. Sans elle, je ne suis plus rien. Je l’ai toujours eu dans ma vie. Sans elle, je pars à la dérive. Je ne vois plus le monde de la même façon, il est devenu terne, froid, sans vie, alors qu’autrefois, je le voyais plein de couleurs, de chaleur, de joie de vivre. L’expression un seul être vous manque et tout est dépeuplé prend tout son sens. Je me sens seul au monde, errant par-ci par-là, cherchant un nouveau but, que je risque de ne jamais trouver. Je me rattache à mes souvenirs, ne quittant jamais sa bague que je garde constamment autour de mon cou, laissant quelques affaires à elle dans ma penderie, regardant des photos de nous que je garde dans mon téléphone. Je pense constamment à elle et à chaque fois j’en souffre. Mais c’est plus fort que moi. Elle est dans ma tête, dans mon cœur, chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde. Au boulot, j’ai beau me concentrer, elle finit toujours par revenir hanter mes pensées, toujours. A chaque fois que le téléphone sonne, je pense à elle, de peur qu’elle ait eu un accident. A chaque fois qu’on doit partir sur le terrain, je pense à elle, espérant ne pas la trouver morte ou blessée.

Je vois bien les regards compatissants de mes collègues. Certains ont même de la pitié. Lorsque l’un d’entre eux aborde le sujet de mon état, je coupe court à la conversation. Lorsque des amis m’appellent le soir pour prendre de mes nouvelles ou m’inviter à sortir, je ne réponds pas toujours et quand c’est le cas, je trouve toujours un prétexte pour rester chez moi ou assurer que je vais bien. Je me referme de plus en plus sur moi-même, laissant la solitude m’entourer. Je ne veux plus voir personne. Je ne veux pas leur imposer mon état, ma détresse. Alors, je m’isole de plus en plus. La dernière fois que je suis sorti, ça s’est très mal terminé. Un ami m’avait proposé de sortir pour me changer les idées, il y a quelques mois je crois. J’avais accepté. Arrivé dans le bar, il m’avait arrangé un sale coup – du moins je le percevais comme ça – en me laissant seul avec une femme qu’il avait invitée exprès. Avant de partir, il m’avait tapé sur l’épaule en me disant que je devais me remettre en selle. Je n’avais absolument pas apprécié. Je n’avais aucune envie de passer une soirée avec une femme. A peine était-il parti que j’avais expliqué le plus gentiment possible à la demoiselle que je n’étais pas intéressé et j’étais parti, la laissant seule à sa table. J’en étais désolé, mais c’était au-dessus de mes forces. Je suis rentré chez moi et mon ami est venu frapper à ma porte pour me faire la morale. La demoiselle avait dû l’appeler pour se plaindre. La discussion aurait pu s’arrêter là. Mais… il a alors dit des choses intolérables sur Pepper. Des mots que je ne pouvais pas supporter. Alors, je l’ai frappé. Et ce fut la fin de notre amitié. Tout ça pour dire que mon cercle d’amis est comme mon bien-être, il disparait.

L’attente était longue, trop longue aujourd’hui. Je n’avais rien de spécial à faire. On m’avait prêté un sac en attendant que je retrouve le mien. Mais celui-là ne me plaisait pas. Il y manquait quelque chose. Un effet personnel. J’étais assis à une table dans le réfectoire, remuant ma nourriture dans mon assiette avec ma fourchette. Je ne pouvais rien avaler, je n’avais pas faim. Trop de souvenirs douloureux affluaient dans ma tête, me coupant l’appétit. Ce n’était pas nouveau. Je ne mangeais presque plus, ne dormais presque plus. Certains collègues commençaient à me dire que je maigrissais à vue d’œil. Mais je m’en fichais. Je n’avais pas faim point barre. Je mangerai sans doute plus tard. J’entendais mes collègues rire autour de moi. L’un d’eux avait raconté une histoire drôle semblait-il. Je ne l’avais même pas écouté. Et quand bien même, les blagues ne me faisaient plus rire. Plus rien ne me redonnait le sourire. Moi qui étais si souriant et chaleureux autrefois, j’étais devenu le grincheux de la caserne. Peu importe.

Alors que je creusais un trou dans ma purée, en y enfouissant des morceaux de viande, d’autres collègues entrèrent en trombe dans le réfectoire pour nous informer qu’on devait partir sur le terrain. Enfin ! Sans réfléchir, je me levai immédiatement pour me porter volontaire et d’autres suivirent. Enfin un peu d’action pour me sortir de mes pensées. En chemin pour les vestiaires pour se préparer, mon collègue nous informa que nous devions nous rendre dans un cabinet médical dans le quartier historic district parce qu’un ascenseur était en panne avec deux femmes dont une enceinte, inconsciente qui plus est.

Une fois tous prêts, nous sommes montés dans le camion, sirène allumée et nous filions à travers les rues de la ville à toute vitesse. Arrivés sur place, je me portais volontaire pour rejoindre les deux femmes. Je ne voulais pas rester à ne rien faire en cherchant une solution pour débloquer l’ascenseur. Je voulais y aller pour me rendre utile, pour faire mon travail, pour aider les gens. Personne n’émit d’objection et tous semblaient d’accord. J’étais le plus léger de l’équipe alors ça arrangeait tout le monde. A l’intérieur du bâtiment, on avait ouvert les conduits qui conduisaient à la cage métallique pour que je puisse m’y glisser après m’être accroché à un câble. Je m’y faufilais, un sac sur le dos, non sans difficulté. C’était assez étroit en fait. Arrivé au bout du tunnel, j’aperçus l’ascenseur un peu plus bas. Je me laissais descendre le long du mur doucement alors que mes collègues déroulaient lentement le câble à l’autre bout. Je finis par atterrir sur l’ascenseur. Je m’approchai de la trappe centrale pour l’ouvrir et me glisser à l’intérieur. En descendant, j’aperçus la femme enceinte allongée par terre en position de sécurité. Bien. En touchant le sol, je jetai un rapide coup d’œil à l’autre personne, recroquevillée dans un coin, les deux sont bien là. J’eus une étrange impression en regardant la femme blonde une demie seconde, mais je n’avais pas le temps de réfléchir à quoi que ce soit. Je détachai le harnais tout en reportant mon attention sur la femme à terre et j’enlevais mon casque qui ne me servait plus à rien et me bouchait la vue pour le poser par terre. Je m’accroupis devant la future maman en posant mon sac à côté pour vérifier si elle était positionnée correctement. Ce qui fut le cas. Je posais mes doigts sur son cou pour vérifier son pouls puis sous son nez pour contrôler sa respiration. Bon, ça ira. La blonde a bien agi en la positionnant de cette façon.

« Vous l’avez bien positionnée Mademoi… »

Pendant que je prononçais mes mots de félicitations, je m’étais retourné pour faire face à la femme recroquevillée dans son coin. Mais ma phrase fut coupée net lorsque je réalisai de qui il s’agissait. Ce sac, je le connaissais. Ce parfum, je le reconnaissais. Je ne pouvais pas me tromper. Même les yeux bandés, je pourrais la reconnaitre. Elle hante mes pensées, chaque minute, même quand je suis au travail. L’homme que j’aimais… Jamais je ne voulais qu’on m’appelle pour lui venir en aide. Jamais je ne voulais qu’elle ait besoin d’aide. Jamais je ne voulais qu’elle se retrouve dans ce genre de situation. Elle n’est pas blessée, certes, les circonstances auraient pu être pires, mais jamais je n’avais voulu qu’elle soit impliquée dans mon travail. Et pourtant, elle était là, devant moi, pendant l’une de mes interventions. Il n’y avait pas de danger imminent, pourtant, aujourd’hui, c’est elle que j’allais devoir sauver.

« Pepper… ? »

L’homme que j’aimais… J’étais certain que c’était elle, pourtant, je n’avais pas pu m’empêcher de poser la question. Comme pour me rassurer ? Espérant sincèrement que je me trompais ? Que mon esprit me jouait des tours et qu’en fait elle n’était pas là ? Je n’étais pas encore arrivé au stade de la voir partout, mais peut-être que justement ça commençait. Même si au fond de moi, j’étais sûr et certain que c’était elle. Bref, la stupeur passée, je devais reprendre le contrôle de la situation et faire mon travail. Sa respiration était irrégulière et je la voyais trembler. Il ne faut pas qu’elle succombe à une crise de panique. Je m’agenouillais à côté d’elle et posais une main sur son épaule.

« Tout va bien, je suis là, calme-toi, respire. Tout va bien se passer, tu n’es plus toute seule, c’est moi qui gère la situation maintenant. Ça va aller, c’est bientôt fini. Pepper, regarde-moi et concentre-toi sur moi, rien que moi. »


Se concentrer sur moi… La personne qu’elle doit détester le plus au monde. Facile à dire. Mais bon, elle n’a pas trop le choix, il n’y a que moi. Et si je veux éviter un drame elle doit à tout prix se calmer. Je me retournais rapidement pour jeter un œil sur la femme allongée par terre, mais elle n’avait pas bougé. Je devais la surveiller de temps en temps, au cas où elle se réveillait. Mais je reportais rapidement mon attention sur Pepper, parce que c’est elle qui me préoccupait pour le moment.



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MessageSujet: Re: ft 'Rhys ⊰ I can't breathe... Mar 10 Mar - 21:59


   
Emrys & me
   
   
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J'étais totalement tétanisée, persuadée que j'allais mourir ici. C'était idiot. L'ascenseur était juste bloqué. L'air continuait de circuler, les secours étaient prévenus, mais non, j'allais mourir ici, dans cette boite. J'en étais certaine. Mes pires cauchemars se réalisaient. Seule et totalement incapable de contrôler quoi que ce soit. C'était la fin de tout. La fin de ma vie. Si seulement Emrys avait été là pour me sauver. S'il avait pu passer par cette foutue trappe de secours qu'ils utilisaient toujours dans les films et venir me sauver... Nous sauver. Me dire, comme dans un rêve, que j'avais bien installé la pauvre femme enceinte et venir contre moi pour m'assurer que tout allait bien aller, que j'allais m'en sortir. Quel doux rêve que je vivais là que d'imaginer qu'il entrait pour nous sauver. Que de tous les sauveteurs de la ville, que de tous les pompiers de Savannah, c'était lui, Emrys Snow, et pas un autre qui venait prendre soin de la jeune femme, avant de se tourner vers moi... Avant de murmurer mon prénom sous la surprise et le choc... Avant de poser sa main sur mon épaule, pour m'encourager, me dire que mon cauchemar solitaire était terminé, qu'il allait s'occuper de moi et que je devais me concentrer sur lui et uniquement sur lui...

Brusquement, je relevais la tête. J'entendais sa voix si clairement, si surement. Et son toucher qui me faisait toujours frissonner malgré moi... Oh comme j'avais rêvé de lui, si souvent, après mon départ. Des cauchemars infâmes, mortels, qui me faisaient me réveiller en sueur, hurlante et inconsolable, parce qu'il n'était plus là pour me promettre qu'il respirait encore et que je ne pouvais l'appeler à trois heures du matin juste pour entendre le son de sa voix et m'assurer qu'il allait bien. Des rêves réconfortants, doux et sereins où il me promettait que les choses allaient s'arranger, où il me sauvait de ma misère, avant que je me réveille avec le besoin intense de lui et le vide cruel de l'absence, sans jamais pouvoir l'appeler plus, rien que pour entendre son souffle à l'autre bout du fil, rien que pour entendre son besoin intense à lui aussi d'être auprès de moi. Des rêves tortueux, souvenirs précieux d'une vie à deux intenses et passionnée, laissant dans son sillage le cruel aura du vide et du manque de lui, de sa peau, de sa chaleur. Oh combien tout cela me manquait. Combien il me manquait dans son entier. Sa voix, sa douceur, son odeur, sa chair... J'avais tellement besoin de lui...

Et il était là. Brillant de toute sa superbe, de sa présence réconfortante, de son regard concerné, de son parfum enivrant. Il était là, à me promettre que ça allait aller, que si je me concentrais sur lui et rien que sur lui, alors tout irait bien. Sauf que me concentrer dans cette situation n'était juste pas possible. Pas quand tout ce que je voyais, c'était les murs bien trop proches autour de moi. Pas quand ce que je sentais, c'était lui et moi, coincé ici. J'allais mourir ici et il allait m'accompagner dans mon enfer...

« Nooon », soufflais-je avec désespoir, avant de me jeter vers l'avant. L'angoisse virant et revirant dans ma tête, je fis tout ce que je pouvais faire, tout ce qui pouvait me soulager, m'apaiser... Dieu, combien de fois avais-je rêvé de me jeter dans ses bras après un cauchemar, juste pour qu'il me promette que tout irait. Juste par soif de croire ses mots quand il disait qu'ensemble, on pouvait tout affronter. Alors, tant pis si je faisais une erreur monumentale. Tant pis si j'en souffrirais ensuite quand il faudrait s'en détacher. J'avais trop besoin de ses bras. J'avais trop besoin de sa chaleur. Je m'étais littéralement jetée dans ses bras, sans même prendre garde à s'il allait tenir l'équilibre ou s'écouler sous mon poids et la violence de l'impact qui me fut soudain des plus nécessaires.

Dans un gémissement désespéré, je m'accrochais à son cou comme à une bouée, enfouissant mon visage au creux de son épaule jusqu'à ne plus voir le monde, ne plus rien sentir d'autre que lui et son odeur si brut et réconfortante. J'enfouissais, sans me priver, une main dans ses cheveux, alors que l'autre s'accrochait désespérément à ses épaules. Si je m'étais écouté à cet instant, je ne l'aurais plus jamais laissé partir. Tremblante de tous mes membres, sentant même les salves de frissons de terreur se répercuter contre son corps à lui, je creusais mon espace dans le sien, cherchant désespérément à quitter mon corps pour me fondre dans le sien et ne plus jamais être ailleurs que là, dans ses bras, soumise à tout ce qui faisait de lui l'être le plus réconfortant et le plus terrifiant de mon univers.

Ne me quitte pas..., ne cessais-je de prier, m'accrochant encore plus à lui à chaque frisson. Ne me quitte pas... Je t'en pris... J'avais tellement peur de me retrouver seule à nouveau.

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❝'cause it's always been you and me against the world❞
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MessageSujet: Re: ft 'Rhys ⊰ I can't breathe... Mar 10 Mar - 22:00



❝I can't breathe...❞
Pepper & Emrys
Il y a une semaine, j’étais dévasté par ce que je pensais être notre dernière conversation. J’imaginais que depuis ce jour fatidique, je n’aurais plus l’occasion de lui reparler tant la douleur serait immense à chaque fois. Elle ne m’aimait plus, je l’avais bien compris. Alors, je supposais que plus jamais elle ne voudrait me parler ou plutôt, que je n’aurais plus jamais le courage de la regarder, de lui parler sans ressentir cette peine immense au fond de moi. Notre histoire était terminée. Notre relation avait pris fin. Notre couple était mort. Je pensais que plus jamais je n’aurais la force de me tenir devant elle sans m’effondrer. C’est ce que je me disais pendant toute cette semaine, essayant de me faire à l’idée que tout était bel et bien fini. Pourtant, elle se trouve devant moi à présent. Tremblante. La respiration haletante. Probablement apeurée. En la voyant dans cet état, je n’avais pas réfléchi aux évènements précédents. Je la voyais en détresse, j’étais là pour la sauver, pour faire mon travail. Sur le coup, j’étais beaucoup plus préoccupé par son état actuel que par ce qu’elle pouvait bien penser de moi. C’est assez difficile à concevoir pour moi, mais il fallait que je la traite comme n’importe quelle personne ayant besoin d’une aide des secours. J’essayais surtout de me focaliser sur cet aspect pour rester professionnel.

Du moins, j’avais tenté. Je voulais me concentrer sur ce que je devais faire pour lui venir en aide, à elle mais aussi à la femme enceinte à qui je jetais un coup d’œil de temps en temps pour m’assurer qu’elle allait bien. Le regard de Pepper lorsqu’elle releva la tête était tellement… déstabilisant. Je l’avais rarement vue dans cet état. Et la voir aussi mal ne me plaisait pas. Je détestais la savoir ou la voir malheureuse, mal, paniquée ou n’importe quoi de négatif en fait. J’aimais la voir souriante, pleine de vie et de joie de vivre, débordant de vitalité et d’énergie. Là… Je pouvais lire toute la détresse dans son regard et je dus faire preuve d’un effort surhumain pour ne pas me montrer trop familier. Je devais me comporter comme avec n’importe quelle victime. On n’est plus ensemble, je ne dois donc plus être trop proche, physiquement, même si la situation actuelle ne s’y prête pas trop. J’avais déjà ma main sur son épaule, je ne devais pas me rapprocher plus. On ne doit plus se montrer si proche, pour mon bien. Mais aussi parce que ça ne se fait plus. Je dois lutter chaque seconde pour m’empêcher des gestes jugés à présent déplacés, mais je dois m’y tenir. Je suis sur le terrain, pendant une intervention professionnelle. Je dois donc me montrer professionnel moi aussi.

Elle se mit à baragouiner un non désespéré et sans que je ne comprenne ce qu’il se passe, dans la surprise la plus totale, elle se retrouva pendue à mon cou. Sous le choc de l’impact, parce qu’elle m’avait littéralement sauté dessus, j’avais dû me retenir en posant mes mains derrière moi pour éviter de tomber. Je restais quelques secondes ainsi, sans bouger, avant de me redresser pour éviter de me détruire le dos. A présent assis, les bras ballants, je la sentais s’accrocher à mon cou tellement fort… Comme si sa vie en dépendait. Elle s’agrippait à moi avec une telle force… une main dans mes cheveux et l’autre fortement accrochée à mon épaule. Je ne savais pas quoi faire. Est-ce que je devais la prendre dans mes bras également ? Et pourquoi s’est-elle jetée sur moi après la conversation qu’on a eu la semaine dernière ? Je la sentais même trembler. Mon cœur avait fait un bond dans mon torse et à présent il battait extrêmement vite. J’étais tellement déstabilisé par son geste si spontané que j’en perdais la notion du temps. Depuis combien de temps étions-nous là, comme ça ? Depuis combien de temps étais-je descendu par cette trappe ? J’étais un peu – complètement – perdu à vrai dire. Si elle ne m’aime plus, si elle ne me supporte plus à présent, alors pourquoi faire ça ? Ce n’était pas de la comédie pour jouer avec moi. D’une part parce que ce n’est pas son genre, mais surtout qu’elle ne pouvait pas simuler ce genre de tremblement. Elle avait peur et avait besoin d’être rassurée ? C’est tout n’est-ce pas ? Ça ne pouvait pas être autre chose de toute façon ? Elle a été assez claire la dernière fois.

Assez de réfléchir. Les pulsions sont plus fortes que tout n’est-ce pas ? Surtout en ce qui me concerne. Et quand ça la concerne, elle. Je ne pouvais plus lutter. J’avais tenté de rester professionnel. Jusqu’à ce qu’elle rompe cette distance entre nous, jusqu’à ce qu’elle entre dans mon espace personnel, intime. Elle était restée trop longtemps dans mes bras pour que la raison l’emporte sur les sentiments. Alors, à mon tour, je passais mes bras autour d’elle, pour la serrer fort contre moi. J’avais rêvé de ce moment depuis qu’elle était partie. Je ne compte même pas le nombre de fois où je rêvais que je la retrouvais ou même que tout ceci, cette séparation n’était en fait qu’un cauchemar et qu’on ne s’était jamais quittés. Cependant je ne rêve pas, la réalité est bien là. Il m’était inconcevable, improbable, impossible, depuis une semaine, que je puisse de nouveau la serrer dans mes bras. Et pourtant.

« Je … je suis là … Tout va bien. »

Je remontais l’une de mes mains derrière sa tête, glissant mes doigts dans ses longs cheveux blonds. J’aimais tellement faire ça. Passer ma main dans ses cheveux… Je calais ma tête contre la sienne. A présent, je n’avais plus envie de la lâcher. Les sensations et la situation sont complètement différentes par rapport à la semaine dernière. La dernière fois, je l’avais prise dans mes bras, mais sans aucune réponse en retour. C’était assez déconcertant, mais c’était son choix. Là… C’est carrément différent. Je me sens vraiment… déboussolé, déstabilisé, perplexe mais tellement bien. Je sais que c’est éphémère, pourtant, je m’accroche à ce sentiment comme si ma vie en dépendait. Cela fait maintenant un an que je ne m’étais pas senti comme ça. Alors, à moins qu’elle ne me lâche, je ne romprais pas cette étreinte. J’ai l’impression que si je quitte ses bras, si je desserre mon emprise, je perds quelque chose pour toujours.

« Ça va aller, je te le promets. »

Il fallait que je continue quand même à la rassurer. Le fait de parler me permettait également de rester dans la réalité, dans le sens ou je ne rêvais pas et qu’elle était bien là. C’est assez bizarre à dire. En même temps, je n’ai plus les idées claires à présent. Je me sens chamboulé. J’ai pourtant deux vies entre les mains… Voire trois. Mais je suis incapable de bouger. Vive le professionnalisme.


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MessageSujet: Re: ft 'Rhys ⊰ I can't breathe... Mar 10 Mar - 22:01


   
Emrys & me
   
   
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Figé dans mes bras, Emrys ne pouvait que ne pas comprendre ce revirement soudain de situation. Il y a une semaine, je parlais de nous au passé, pour le repousser assez afin d'avoir le courage de le laisser partir. Et maintenant, une semaine plus tard, je me retrouvais dans ses bras, accroché à son torse, une main dans ses cheveux, le nez plongé dans son cou,... Je m'accrochais à lui comme si notre « c'est fini » n'avait jamais existé. Comme si lui seul, dans le monde entier, pouvait me sauver... Parce que c'était le cas, après tout. Lui seul, dans le monde entier, pouvait me sauver. J'avais juste trop d'appréhension, j'avais juste trop d'orgueil et trop de honte pour oser le lui avouer. Je n'avais aucune envie de le lâcher, cependant. Il était même vital que je ne le lâche pas, parce que dès que je rouvrais les yeux, j'avais l'impression de suffoquer, de nouveau.

Serrant fort les paupières, je m'accrochais à son cou comme à ma vie, à moitié affalé sur lui, tant il avait manqué de tomber sous l'impact de mon poids. Après une éternité, il me serra enfin contre lui et mon coeur se mit à battre plus vite, alors que le son de sa voix raisonnait à mon oreille, me prouvant par la même et par ses bras autour de moi qu'il était bel et bien là. Il m'assura qu'il était là, que tout allait bien et pour toute réponse, je ne fus que capable de trembler plus, en m'accrochant désespérément à lui, comme à une bouée.

Lentement, je sentis sa main glisser vers ma tête, ses doigts venir s'emmêler dans mes cheveux, comme il l'avait si souvent fait par le passé. Comme il le faisait toujours, avant. Il avait toujours adoré sentir mes mèches blondes entre ses doigts. Dès que j'avais eu les cheveux assez long pour qu'il joue avec, dès l'enfance et nos premiers câlins. Il avait commencé à plonger sa main dans ma chevelure pour noter combien ils avaient poussé rapidement durant l'été et n'avait plus jamais cessé. Quand nous faisions l'amour, je posais ma joue sur son torse, écoutant avec délice la douce musique de son palpitant, alors qu'il glissait ses doigts dans mes mèches blondes, caressant mon cuir chevelu, les entortillant jusqu'à nous emmêler l'un à l'autre pour que je ne puisse pas m'enfuir durant la nuit, m'apaisant tellement... Comme ce geste m'avait toujours apaisé, m'avait toujours sauvé de tous les maux. Comme ce simple geste avait calmé mes colères les plus virulentes et combattu mes peurs les plus violentes. Comme il avait guéri mes peines les plus profondes et avait adouci mes moments les plus durs... J'avais tant besoin de ce geste-là, maintenant, ici, en ce lieu infernal qui me confrontait à mes plus grandes peurs. A ma propre mort, mais surtout à la sienne...

Cette simple pensée fit remonter en flèche la peur que son geste avait réussi à calmer et alors que je commençais à me détendre dans ses bras. En un souffle, je resserrais ma prise contre lui, essayant de vaincre mes tremblements en ne laissant si peu d'espace entre nous qu'il m'aurait été impossible de vibrer de la sorte. Il me promit à nouveau que ça allait aller et je fermais encore plus les yeux, rêvant désespérément qu'il ait raison et qu'on sorte de ce foutu ascenseur en vie et sans blessures. « Je veux sortir... », soufflais-je, réalisant au son de ma voix brisée et chevrotante, que je pleurais toutes les larmes de mon corps. « Je veux sortir... s'il te plait, Rhys... J't'en supplie... Je veux sortir... »

J'étais totalement focalisée sur cela, totalement et entièrement dépendante de cette idée qui serait la seule à me sauver. Il fallait que je sorte et il devait me promettre que nous sortirions bientôt, parce que dès que je quittais son cou et ouvrait les yeux, je réalisais que j'étais toujours dans ce cauchemar infâme et je n'avais même plus assez conscience de rien pour me moquer de moi-même. Dans un autre temps, j'aurais ri d'une fille ayant une telle crise de panique pour un simple blocage d'ascenseur. Dans un autre temps, si j'avais été coincé ici, je me serais assise au sol, claquant la langue de frustration pour le temps perdu. En un autre temps, voir Emrys passé par cette trappe aurait amené une remarque pleine de sous-entendu et m'aurait fait sourire et trouver un soudain intérêt bien particulier à rester coincé encore un peu plus longtemps... Mais plus maintenant. Non, maintenant, tout ce que je voyais, c'était une voiture accidentée, le manque d'oxygène et la probabilité, sans doute infime que les liens de la cage lâche et ne nous emmène nous écraser au sol...

Dieu, je détestais l'idée qu'Emrys me voit comme ça, lui qui ne m'avait jamais connu claustrophobe au point d'avoir une crise de panique totalement ingérable.

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MessageSujet: Re: ft 'Rhys ⊰ I can't breathe... Mar 10 Mar - 22:01



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Pepper & Emrys
La sentir si proche de moi, sentir la chaleur de son corps à travers mon uniforme de pompier, sentir sa respiration contre mon cou, ses larmes contre ma peau, la pression qu’elle exerçait en me serrant dans ses bras, tout cela faisait battre mon cœur un peu plus vite – carrément plus vite – que la normale. J’étais complètement désemparé, ne comprenant pas réellement ce revirement de situation, elle qui avait clairement mis un terme définitif à notre relation… J’imagine que dans un état de panique, de peur, on se raccroche à ce qu’on connait ? Comme on se côtoie depuis l’enfance, ça expliquerait son geste. Je suis surtout pitoyable à chercher une explication à ce qu’elle est en train de faire. Pourquoi est-ce que je ne la laisse pas faire ce qu’il lui plait sans me poser de questions ? Pourquoi est-ce que je n’agis pas comme un professionnel et attendre que ça se passe ? Tout simplement parce que son geste me perturbe. Je ne peux pas réfléchir correctement. Je ne peux pas mettre mes idées au clair. Je ne peux pas penser clairement, agir de façon professionnelle tant je suis désemparé, déboussolé, perdu, incompréhensif, perplexe, et à la fois content. Content parce que je rêvais depuis longtemps du moment où elle me sauterait de nouveau dans les bras. Même si je n’imaginais pas du tout ce contexte.

Malgré tout ce que je ressentais à ce moment-là, je tentais de la rassurer au maximum. Elle semblait tellement perturbée elle aussi, mais pas pour les mêmes raisons que moi. Elle se mit même à trembler davantage. Je ne comprenais pas trop pourquoi le fait de se retrouver bloquée dans un ascenseur, chose plutôt banale en somme, la mettait dans un état pareil. Est-ce qu’elle a paniqué à partir du moment où la femme enceinte a fait un malaise ? Est-ce la raison de sa peur panique ? Ou alors y a-t-il autre chose ? Oui, mais quoi ? Je trouvais sa réaction assez étrange quand même et plutôt démesurée. Ça ne lui ressemblait pas de paniquer comme ça. Les fois où je la voyais dans cet état, c’était lorsqu’elle faisait des cauchemars de l’accident de Daniel. Je la rassurais toujours en la prenant contre moi et en lui glissant mes doigts dans ses cheveux, comme maintenant. Je savais que ce simple geste l’apaisait à chaque fois. Ses cheveux étaient si doux, j’adorais y passer mes doigts. Pourtant il n’y avait aucun rapport entre ses cauchemars et le fait d’être coincée dans un ascenseur. Donc je ne voyais pas trop le rapport. Je supposais donc que c’était le fait d’avoir vu une personne perdre connaissance qui l’avait mise dans cet état. Même si elle a bien agi en la mettant en position de sécurité.

Soudainement, elle se mit à me serrer davantage – si si c’était possible – et je pouvais sentir ses tremblements. Mais bon sang, qu’est-ce qu’il lui arrive ? Je ne comprenais absolument pas ce qui la mettait dans cet état et c’est alors qu’elle prononça quelques mots d’une voix tremblante. Elle voulait sortir. Oui, j’imagine bien. Moi aussi je veux sortir d’ici. Elle répéta ces mots, plusieurs fois, finissant même par me supplier. Il y a un problème. Elle a un problème. Mais quoi ? Pourquoi un simple blocage d’ascenseur la met dans un état pareil ? Dans tous les cas, je devais la calmer pour éviter qu’il ne lui arrive quelque chose. Le stress c’est plutôt mauvais…

« Tu vas sortir Pepper, on va tous sortir. Ils vont bientôt débloquer l’ascenseur et on pourra tous sortir, je te le promets. Mais en attendant, calme-toi et respire tranquillement. »

Bientôt. Je ne savais pas combien de temps il leur faudrait, mais ils n’allaient quand même pas mettre plusieurs heures. Il fallait que je la rassure.

« Tu ne crains rien ici, je suis là. Il n’y a aucun danger, tu ne risques absolument rien, crois-moi. Il ne peut rien t’arriver, je suis avec toi. Je t’ai toujours dit qu’il ne t’arriverait rien de mal tant que je serais là, tu te souviens ? »

J’avais envie de lui demander ce qui lui faisait réellement peur, parce qu’elle avait peur de quelque chose, ça devenait de plus en plus évident, mais de quoi ? Cette question me brûlait les lèvres, pourtant j’avais peur qu’en lui posant, cela n’aggrave la situation. Alors tant pis. Je lui demanderai plus tard, lorsqu’elle sera calmée et "hors de danger". Même si la raison de sa panique m’interpelle. Qu’est-ce qui pouvait bien la mettre dans un état pareil ? Elle n’avait jamais subi de traumatisme dans un ascenseur, pas à ma connaissance, donc je ne voyais pas vraiment. Elle n’était pas non plus du genre claustrophobe. On s’était retrouvés tous les deux dans un espace encore plus réduit puisqu’on avait déjà fait l’amour dans une cabine d’essayage une fois. Ah la folie de la jeunesse. L’insouciance. Ce temps-là est bien loin. Ce genre de vie spontanée me manque parfois. On vivait notre vie au jour le jour, profitant de chaque instant… Bref, ce n’est pas le moment d’être nostalgique. Tout ça pour dire, que je ne comprends pas sa réaction.

Mais, malgré tout ça, je ne devais pas oublier la raison de ma présence ici. Après un long moment d’égarement, j’essayais de reprendre mes esprits. Et ma mission, du moins, mon travail me revenait en tête. Elle n’est pas seule dans cet ascenseur. Même si j’aimerais ne me préoccuper que d’elle chaque minute de ma vie, je ne peux pas laisser la femme enceinte sans assistance. Il fallait que je vérifie de nouveau sa respiration et son rythme cardiaque. Mais pour cela, je devais avoir un minimum de mobilité. Ce n’était pas vraiment le cas pour le moment. Ça me faisait mal de penser à quitter ses bras, mais il le fallait, j’avais deux autres vies entre les mains. Je lâchais les mèches de ses cheveux que j’avais entre les doigts et posais mes deux mains sur ses hanches.

« Pepper… »

Si un jour, j’avais imaginé lui demander ça…

« Est-ce que tu pourrais… me lâcher juste quelques petites secondes ? Le temps que je vérifie si la jeune femme va bien ? »

Et voilà que je lui demandais l’autorisation. En fait, je ne voulais pas la faire lâcher de force, je ne voulais surtout pas la brusquer. Je ne voulais pas que sa crise de panique s’accentue au point de me faire un malaise elle aussi.

« Tu n’as qu’à fermer les yeux et compter doucement jusqu’à dix. D’accord ? Je reviens immédiatement après, ne t’inquiète pas. »

Malheureusement, j’étais trop loin de la jeune femme pour simplement tendre le bras pour prendre son pouls ou sentir sa respiration. Au pire, si elle ne veut vraiment pas me lâcher, j’aviserai…


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MessageSujet: Re: ft 'Rhys ⊰ I can't breathe... Mar 10 Mar - 22:02


   
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Il était là. Mon Emrys, mon amour de toujours était là, dans cet ascenseur avec moi et tout ce que je pouvais penser, c'est qu'il pouvait mourir aussi. Mourir par ma faute. Parce que j'étais un aimant à accident. Un aimant à mort... Pourtant, je ne pouvais supporter l'idée de le perdre des yeux, l'idée de perdre sa chaleur et son odeur... Pas tant qu'on n'était pas sorti d'ici. Pas tant qu'on ne serait pas tous les deux en sécurité. Bon dieu, je détestais son travail. Fut un temps, j'avais aimé savoir qu'il accomplissait des miracles chaque jour. J'avais adoré savoir que mon homme, mon amour, sauvait des vies, soulageait des mères et des petites amies. Ramenait leurs proches à des gens aussi effrayés que moi à l'idée de perdre quelqu'un. Fut un temps, j'étais heureuse et fière de dire que mon petit-ami était un héros. Et puis j'avais perdu tout le monde et rapidement, ne m'étais plus resté dans ma vie que Jayleen et lui. Et c'était devenu une horreur. Les « Mon amoureux sauve des vies » était devenus « Mon amoureux risque sa vie pour éteindre des incendies ou des stopper des fuites de gazs. ». Les « Reviens-moi ce soir, mon héros », rieurs et moqueurs étaient devenus des « Soit prudent, s'il te plait... », inquiets et torturés. J'avais perdu le goût de sa passion à mesure que la peur s'était insinuée en moi au point de me dévorer toute entière.

Sa voix continuait cependant d'apaiser mes craintes, même avec les cauchemars de plus en plus violent, même dans cette situation et je m'accrochais à elle comme à ma seule chance de survie. Il me promit que nous allions nous en sortir, qu'ils débloqueraient l'ascenseur et que nous en sortirions tous les deux... trois en n'oubliant pas la femme, me promettant qu'il n'y avait pas de danger, que je ne risquais rien parce qu'il était là et qu'il tiendrait sa promesse faite lorsque nous étions enfants. Il l'avait toujours tenue, depuis la première fois où il l'avait émise, me protégeant de tout avec ferveurs. Des vilaines bêtes qui grouillaient autour de nous l'été, des vilains enquiquineurs de la nuit noire, des cauchemars... Rhys n'avait jamais été un héros juste parce qu'il était pompier. Non, il avait été mon héros depuis toujours parce qu'il me protégeait de tout. Du rude froid de l'hiver aux plus grands malades qui avaient croisé ma route pour me défaire de mes biens ou me briser le cœur.

Après un moment, il cessa de cajoler ma tête, posant ses deux mains sur mes hanches tentant de très légèrement me repousser vers l'arrière. Je le connaissais trop bien. Je savais que quelque-chose se tramait dans ma tête. Il n'avait aucune envie de me repousser, mais quelque-chose se tramait dans sa tête et il essayait de se concentrer dessus, sans me brusquer, sans me repousser franchement. Doucement, presque tendrement... à moins que ça ne soit tendrement et que la peur brouille mes oreilles... il m'interpella, me demandant doucement si je pouvais le lâcher, juste quelques secondes. Juste le temps qu'il vérifie que la femme aille bien. Je voulais répondre. Je voulais dire que oui et le lâcher, le laisser faire son travail et me montrer digne pendant qu'il ferait ce qu'il avait... Ce qu'il devait faire... Dieu il fallait vraiment que je le fasse... Je me tendis, incapable de faire le moindre mouvement, mais il ne me laissa pas le temps de trouver le courage par moi-même, me proposant de fermer les yeux et de compter jusqu'à dix. Juste dix et il serait de retour. Juste dix et je serais à nouveau dans ses bras. C'était une promesse dans une bulle de douceur, alors je hochais enfin la tête, plongeant mon nez dans le creux de son cou, inspirant à fond, avant de dénouer mes mains de son vêtement et de ses cheveux, pour reculer, jusqu'à me recroqueviller contre le mur dans mon dos, fermant mes yeux, desquels s'échappèrent quelques larmes.

Un..., commençais-je à compter silencieusement, mes lèvres se mouvant sans produire aucun son. J'étais stupide. Je n'avais aucune raison de paniquer de la sorte et il devait clairement se demander ce qu'il m'arrivait pour être aussi bête. Et je m'en voulais d'être aussi faible et effrayée pour un rien. Parce que ça n'était rien. Absolument rien et j'en avais conscience. Ce n'était pas mon premier ascenseur bloqué, merde. C'était juste le premier depuis que j'avais perdu Dan et maman. Le premier depuis que j'avais quitté Emrys, le premier depuis que j'étais devenue claustrophobe. Deux... Il fallait que je le laisse travailler. Malgré la peur, malgré le froid glaçant qui me prenait maintenant que j'étais privée de sa chaleur. Il fallait que je lui donne la chance de faire ce qu'il devait faire, de continuer d'être celui qu'il voulait être... C'était pour cela que je l'avais quitté, après tout. Pour qu'il ne soit pas contraint d'arrêter à cause de moi. Pour que je ne sois pas un poids, un risque, une source d'inquiétude. Pour qu'il ne meurt pas à cause de moi, mais continue de briller dans son héroïsme... Trois...

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MessageSujet: Re: ft 'Rhys ⊰ I can't breathe... Mer 11 Mar - 1:29



❝I can't breathe...❞
Pepper & Emrys
J’aurais pu rester éternellement dans cette position, avec elle dans mes bras. Sa chaleur, son contact m’avaient manqué à un point inimaginable. Depuis nos douloureuses retrouvailles qui ont presque viré au règlement de compte, je pensais ne jamais la revoir. La toucher encore moins. Et pourtant, la voilà sanglotant dans mes bras, en pleine panique. Apparemment il n’y a que ma présence qui l’apaise. Pourquoi ? Pourquoi moi ? Je croyais qu’elle ne pouvait plus me supporter, qu’elle ne voulait plus me voir, pire qu’elle détestait tellement mon boulot qu’elle avait fini par me haïr également. Et puis, elle a clairement dit que je méritais quelqu’un d’autre, quelqu’un qui me verrait comme un héros… Je me fiche de ça. Je ne fais pas mon travail pour la gloire, loin de là. Non, mais le plus blessant c’est qu’elle a clairement dit qu’elle ne m’aimait plus. Cette phrase me hante d’ailleurs, je l’entends souvent dans ma tête, trop souvent. Et là… Elle s’est littéralement jetée sur moi et me serre contre elle comme si sa vie en dépendait… C’est vraiment déstabilisant. Je ne sais plus quoi penser. Mon cœur y trouve encore un peu d’espoir alors que ma tête n’y voit qu’une simple recherche d’apaisement pendant une crise de panique. Elle se raccroche juste à ce qu’elle peut. Rien de plus. Ce que je ne comprends pas non plus, c’est pourquoi se retrouver bloquée dans un ascenseur la met dans cet état ? Je ne me souviens pas qu’elle était comme ça avant. Et à ma connaissance, elle n’a jamais eu d’expérience traumatisante dans un ascenseur, alors pourquoi ? Je constate surtout que je ne comprends pas grand-chose de ce qu’il se passe. Est-ce que je suis trop perturbé pour réfléchir ?

Cependant et même si je le voulais, je ne pouvais pas rester focalisé sur elle. J’étais en plein dans l’exercice de mes fonctions et Pepper n’était pas la seule personne dans cet ascenseur. Il y avait cette femme enceinte inconsciente dont je devais m’occuper aussi. C’était un déchirement d’envisager de la lâcher quelques instants – sans penser à la suite, quand nous serons dehors évidemment – mais je n’avais pas le choix. Je devais m’occuper de toutes les personnes ayant besoin d’assistance dans cet espace clos. Je devais rester professionnel même si c’était extrêmement difficile à l’heure actuelle. Je n’avais pas le droit de risquer de perdre ma place. J’ai déjà perdu l’amour de ma vie, qu’est-ce qu’il me resterait après ? Jayleen et mon père. Mais ils ont chacun leur vie maintenant, je ne peux pas me consacrer vingt-quatre heures sur vingt-quatre à eux si je perds aussi mon travail. Alors, il faut que je m’y accroche, c’est la seule et unique chose qu’il me reste et qui n’appartient qu’à moi.

Lentement, en douceur, je l’avais écartée de moi, je ne devais pas faire de geste brusque pour ne pas l’affoler. Je lui avais également expliqué la situation, calmement pour qu’elle comprenne que je devais aussi m’occuper de l’autre personne. S’il lui arrivait quelque chose alors que j’aurais pu l’éviter, je pouvais dire au revoir à mon travail. Je voyais bien qu’elle était tendue, alors pour l’aider, je lui avais proposé de fermer les yeux et de compter jusqu’à dix. Ça pouvait l’aider. Et ça lui éviterait de paniquer. Finalement ma technique fonctionnait puisqu’elle hocha la tête pour me montrer son accord. Bien. Je la laissais faire, sans la repousser, attendant qu’elle soit prête. Elle prit une grande inspiration contre moi pour se donner du courage et lâcha mes vêtements et mes cheveux qu’elle agrippait fermement jusqu’alors. Je me redressais pour me tenir à genoux lorsqu’elle s’éloigna de moi pour aller se recroqueviller contre le mur, gardant les yeux fermés. La voir dans cet état me fendait littéralement le cœur.

Un. Je n’avais pas de temps à perdre et je devais cesser de me comporter comme ça. Aussi faiblement. Je n’avais pas le droit de me relâcher, pas maintenant, pas alors que j’avais la vie de deux personnes – en fait trois vu l’état de grossesse avancé – entre les mains. Je me devais de faire mon travail. Quoiqu’il m’en coute émotionnellement parce que c’était tout ce qu’il me restait. Alors rapidement, je me tournais vers la femme allongée par terre. Deux. Je m’asseyais sur mes pieds, juste à côté d’elle et posais mes doigts dans son cou pour prendre son pouls. Trois. Il était régulier donc pas de souci de ce côté-là. Quatre. J’avançais maintenant ma main sous son nez pour contrôler sa respiration. Je la sentais toujours. Cinq. Je fis rapidement le tour de son corps pour évaluer son état et chercher de potentielles blessures. Elle aurait pu s’ouvrir la tête en tombant et en se cognant contre quelque chose, on ne sait jamais. Six. Je l’inspectais rapidement de la tête au pied, mais je ne voyais rien. Sept. Je regardais même dans ses cheveux si je voyais une trace de sang éventuelle, et partout autour d’elle. Rien. Huit. Elle va bien et n’est pas en danger, tout va bien pour elle, je peux retourner près de Pepper. Neuf. Je m’agenouillais de nouveau près d’elle et je posais une main sur son épaule pour la sortir de sa torpeur. Dix.

« Pepper, c’est bon, tout va bien. Je suis là, viens. »

Je m’installais à côté d’elle et la pris dans mes bras, posant une main sur sa tête et l’autre dans son dos pour la maintenir contre moi. Je sais que je ne vais pas sortir indemne de tout ça, mais pour le moment je m’en fiche. Je ne parviens pas à réfléchir correctement en ce moment. Pas quand elle est dans cet état, contre moi, dans mes bras. Je posais mon menton sur sa tête et après quelques secondes ma main commença à lui caresser les cheveux, parce que je sais que ça l’apaise. A chaque fois qu’elle faisait un cauchemar, je la prenais contre moi et lui caressais les cheveux doucement, ça la calmait.

« Ça va aller. »

Je me devais de parler constamment, pour la rassurer, pour qu’elle entende ma voix et qu’elle continue de penser qu’elle n’est pas seule dans cette galère. Après de longues minutes de caresses de cheveux, de réconfort verbal et tactile, un bruit à l’extérieur se fit entendre, comme quelque chose qui se déclenche. Puis l’ascenseur tremble une petite seconde avant de descendre. C’est bon.

« Ça y est c’est réparé, on va sortir d’ici dans quelques secondes Pepper, d’accord ? »

La descente prit quelques secondes, je jetais toujours des coups d’œil à la femme enceinte, mais ça avait l’air d’aller. Ses jours ne sont pas en danger. Les nôtres non plus. L’ascenseur se stoppa et les portes s’ouvrirent.

« Je t’avais dit qu’il ne t’arriverait rien. »

Mes collègues étaient là, derrière les portes et quelques uns entrèrent à l’intérieur pour s’occuper de la femme inconsciente, d’autres me dévisageaient. Avant qu’ils ne me posent les questions, je les devançais.

« Elle était inconsciente quand je suis arrivé et déjà placée en position de sécurité. J’ai vérifié ses signes vitaux et tout va bien, pas de traces de blessures ou de sang où que ce soit. Elle va bien. »

Malgré son évanouissement. Mes collègues effectuèrent un hochement de tête alors que d’autres amenèrent un brancard pour la sortir de là. Pendant ce temps, je me relevais doucement en gardant Pepper dans mes bras. J’avais également ramassé mon sac au passage. Mon collègue Aaron s’approcha de moi avec l’intention de me libérer de Pepper.

« Bon boulot Snow, c’est bon maintenant, laisse-nous gérer la suite. »

Il posa une main sur Pepper, mais il était hors de question que je la lâche.

« C’est bon Collins, je m’en occupe. »


Face au ton déterminé de ma voix, il n’insista pas et de toute façon je tournais déjà les talons. Je lui donnais mon sac au passage et je sortis de l’ascenseur avec Pepper. Ce n’était pas vraiment pratique de marcher avec elle entre tous ces pompiers alors pour aller plus vite, je passais une main dans son dos et un bras sous ses genoux pour la porter. En chemin, je croisais un autre de mes collègues, James Redford. Celui-ci m’arrêta en se mettant en travers de mon chemin. Qu’est-ce qu’il me veut celui-là aussi ?

« Snow, je prends le relai, vas te reposer. »

Bordel… Ils ne vont pas tous s’y mettre ! Déjà que je n’aime pas ce mec. Après tant d’émotion, j’avais les nerfs à vif, mais je devais me retenir d’exploser, pas au travail. Je pris alors une profonde inspiration pour me canaliser. Mais je serrais les dents, restant à la limite de l’agressivité.

« Je vais bien, c’est bon, j’ai dit que je m’en occupais. »

Merde à la fin ! Laissez-moi faire mon job ! Il a dû voir à mon regard qu’il ne devait pas insister. Alors, il se contenta de mettre une couverture de survie sur elle et me laissa passer pour rejoindre l’extérieur. Je pris une profonde inspiration d’air frais et je constatais qu’il y avait beaucoup de gens curieux derrière des barrières et le camion de pompier où s’affairaient mes collègues pas loin. Je décidais donc de l’emmener sur un banc non loin du camion un peu à l’écart. Je m’asseyais et l’installais à côté de moi. Je repositionnais correctement la couverture autour d’elle et je passais un bras autour de ses épaules que je frottais pour la réchauffer. Je ne sais pas si mes collègues ont passé le mot, mais personne ne vient nous déranger.

« Ça va ? Tu as besoin de quelque chose ? C’est fini maintenant, tu es en sécurité. »

D’instinct, je passais une main dans ses cheveux, jusqu’à sa joue. C’était plus fort que moi. J’étais si proche d’elle… Je pouvais sentir son souffle sur mon visage. Tellement déstabilisant. J’en oublierais presque où je me trouve, qui je suis, ce que je fais tant je suis absorbé par son regard, hypnotisé par sa bouche. Je voudrais lui demander pourquoi elle a tant paniqué. Mais les mots restent bloqués dans ma gorge. Je ne suis plus capable de dire quoique ce soit, devant cette femme si envoutante, si attirante, si vulnérable…


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MessageSujet: Re: ft 'Rhys ⊰ I can't breathe... Jeu 12 Mar - 17:13


   
Emrys & me
   
   
My love is wasted. Sorry for this I never meant to be. Hurting ourselves. And I'm complicated. You won't get me out of trouble, understanding myself...
   
... Trois... Je m'obstinais à penser que je devais agir comme je le faisais. Que c'était dans son intérêt et qu'il finirait par être plus heureux comme ça, sans moi, sans ma peur pour lui empoisonner l'existence. Mon Emrys, mon amour, méritait une femme qui saurait apprécier son travail à sa juste valeur. Qui pourrait le montrer fièrement à ceux qu'elle aimait. Moi, je n'étais plus capable d'apprécier son travail. Je n'avais plus personne à qui le présenter... Je n'avais plus rien d'autres que lui et j'avais préféré me l'arracher brutalement de mon propre fait, plutôt que de le perdre aussi d'une manière trop brutale, sans que je ne puisse rien faire contre... Quatre... J'entendais les mouvements d'Emrys, à à peine un mètre de moi et fit tout pour me concentrer dessus. Je pouvais sans mal deviner ses gestes et les voir à travers mes paupières closes. Le tout était de faire abandon de la situation, pour ne voir que lui et la femme dont il s'occupait, vérifiant son pouls, sa respiration, son état de conscience. Je l'avais déjà vu travailler une fois ou deux. Les interventions le poursuivaient, parce que s'il y avait une chose dont j'étais certaine dans ma vie, c'est qu'il était fait pour ça. Sauver les gens, leur apporter les premiers soins était littéralement dans ses gènes et la vie elle-même semblait vouloir le lui montrer, parce qu'il nous était arrivé une ou deux fois de nous retrouver confronté à quelqu'un faisant un malaise, alors même qu'il ne travaillait pas et que nous étions tous les deux. J'aimais tant le voir travailler, avant... si fière que j'étais d'être la petite amie d'un véritable héros... Cinq... Je pouvais le faire. Je pouvais ne me concentrer que sur lui. Oublier ma peur, oublier la voiture, oublier l'ascenseur. Je pouvais si clairement voir ses mains travailler comme dans mes souvenirs. Je pouvais voir son regard concentré, le petit pincement de ses lèvres alors qu'il réfléchissait, qu'il imaginait toutes les options, qu'il formulait un plan d'action. Je pouvais tout imaginer... Six J'aurais sans doute pu le voir en vrai, si j'avais eu le courage d'ouvrir les yeux, mais il m'avait dit d'attendre, qu'il serait vite de retour et je n'avais pas envie de risquer une nouvelle crise de panique parce que j'avais été trop curieuse, incapable de contrôler mon envie de le voir à l'oeuvre, quitte à replonger dans mon cauchemar personnel... Sept... Grand dieu, je sentais encore son odeur sur moi. Son odeur si particulière, si caractéristique et si... lui... J'allais regretter pendant des jours entiers d'avoir pu ainsi profiter de sa chaleur et de son odeur, mais je ne parvenais pas à le regretter. Parce qu'aussi surement que cela allait faire mal, j'avais besoin de lui, plus que jamais, pour affronter cette panne d'ascenseur... Huit... une main tendre et prudente se posa sur mon épaule et j'inspirais un grand coup, soulagée de le savoir à nouveau près de moi... Neuf... J'ouvris les yeux, alors qu'il se réinstallait à mes côtés et me reprenais dans ses bras.

Sa main vint immédiatement retrouver le contact de mes cheveux, alors qu'il me serrait contre lui et je plongeais mon visage dans son cou, glissant une main dans sa nuque, m'imprégnant de nouveau pleinement de lui pour calmer mon cœur battant la chamade. Le grain de sa peau sous mes doigts raviva mille images de caresses d'un autre temps, alors que sa chaleur et son odeur me renvoyait tant d'années où ses bras et sa simple étreinte avait suffi à apaiser mes peurs et mes peines les plus intenses. Mon étreinte terrifiée et désespérée se mourut peu à peu, alors que je continuais de m'accrocher à lui, pour toutes sortes d'autres raisons auxquelles je ne voulais pas songer dans l'immédiat. Il était là et il faisait fuir la peur, c'était tout ce à quoi je voulais et devais penser. Parce que tout le reste ne ferait que me ramener vers ce qui me terrifiait et me brisait le cœur.

Pendant tous le temps où nous restions là, il ne cessa de parler, pour me promettre que ça allait aller et me dire des choses rassurantes et je fis tout pour me concentrer sur sa voix et sur sa chaleur, me détendant peu à peu, entre deux sautes de crispation quand la réalité de la situation me reprenait, emmenant avec elle la peur d'étouffer. Puis un bruit métallique se fit entendre, un grondement et je me tétanisais en un instant, tout le bien apporté par Emrys annihilé par ce bruit lugubre. Je me serrais davantage contre lui, agrippant les cheveux à l'arrière de sa tête et enfonçant mon visage dans son cou comme s'il pouvait m'envelopper totalement dans ses bras et me faire disparaître. Rhys m'assura que c'était signe que l'ascenseur était réparé et que nous serions bientôt libre et je hochais la tête contre son épaule, sans pour autant lâcher prise.

Les portes s'ouvrirent alors et une nuée de gens pénétrèrent le petit espace confiné pour prendre en charge la femme inconsciente. Emrys fit rapidement le topo de la situation à ses collègues et se leva, me gardant soigneusement dans ses bras. Les yeux fermés, le nez dans son cou, je ne voyais rien, ni personne, mais j'entendis quelqu'un lui dire qu'il avait fait du bon travail et qu'ils allaient maintenant prendre la suite. Je m'accrochais désespérément à son cou, de peur qu'il ne me laisse entre les mains de quelqu'un d'autres, mais je sentis sa prise sur moi se faire plus forte, le temps d'une seconde. Lui non plus n'avait pas l'intention de me lâcher. Pas tout de suite. J'en étais soulagée. Je n'aurais probablement pas pu me calmer davantage que dans l'ascenseur si j'avais eu à le regarder s'éloigner de moi tout de suite.

Il assura qu'il s'occupait de moi d'un ton qui ne laissait pas de place au « mais » et commença à marcher loin de l'ascenseur, m'entraînant avec lui, mais vu le monde autour et alors que je refusais toujours obstinément de regarder devant moi, ça n'était pas une situation des plus faciles et rapidement, il passa un bras sous mes jambes pour me soulever du sol et me porter. Il s'arrêta de marcher à un moment, alors qu'un autre homme, lui disais qu'il allait prendre le relais, mais encore une fois, il refusa catégoriquement, limite agressif. Malgré moi, sans réfléchir, mon pouce caressa doucement son cuir chevelu pour l'apaiser et mes lèvres se glissèrent contre la peau de son cou. Je le faisais tout le temps avant, quand nous étions ensemble et qu'il rentrait furieux. Je caressais sa peau, massait ses muscles tendus de manière totalement improvisée et l'embrassait, encore et encore, partout où je pouvais l'atteindre, jusqu'à ce qu'il oublie la cause de sa rage. Jusqu'à ce qu'il se calme complètement et ne soit plus accaparé que par les doux soins que je lui prodiguais. Alors, de le sentir si tendu et exaspéré, le réflexe était venu, sans que je ne puisse le contrôler, ne le réalisant qu'à moitié.

L'air frais frappa bientôt mes poumons et je respirais bruyamment au vif changement d'atmosphère. Emrys nous conduisit vers un banc à l'écart de l'agitation. Il m'installa, réajustant la couverture de survie autour de moi, avant de s'asseoir à mon côté, faisant son maximum pour me réchauffer. Je lui souris doucement, le regardant à nouveau pour la première fois depuis qu'il m'avait demandé de fermer les yeux le temps de revenir vers moi, après avoir vérifié que la femme enceinte allait bien. Il m'assura que tout était terminé maintenant et que j'étais en sécurité et je hochais la tête, m'appuyant contre sa main sur ma joue. Je resserrais ma prise sur la couverture et me serrais plus étroitement dedans, soupirant avant de quitter le regard du jeune homme pour baisser les yeux, un peu honteuse. « Tu dois me trouver idiote... », soufflais-je en sentant la chaleur caractéristique du rouge montant à mes joues. « Une si grande panique, pour une si petite chose. Je suis vraiment stupide... »

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MessageSujet: Re: ft 'Rhys ⊰ I can't breathe... Dim 15 Mar - 14:30



❝I can't breathe...❞
Pepper & Emrys
Mes collègues sont sympas pour la plupart – à deux ou trois exceptions près – ils sont compréhensifs et ne me posent pas trop de questions quand je ne vais pas bien. Disons qu’ils ont retenu la leçon parce que je deviens vite agressif quand quelque chose me contrarie. Je n’étais pas aussi impulsif avant – même si je l’ai toujours été un minimum. Mais depuis que Pepper est partie, ce trait de caractère s’est amplifié. Je ne supporte plus que mes collègues me regardent avec une expression pleine de pitié et me demandent si je vais bien. Non, je ne vais pas bien, mais je ne veux pas en parler. Au travail, je me concentre sur mon travail. Alors inutile de remuer le couteau dans la plaie constamment. A la caserne, j’aimerais réellement me vider la tête mais si on me rabâche ce genre de chose, ça ne va pas aider. Je suis également têtu, alors lorsque j’ai décidé quelque chose, c’est comme ça et pas autrement. En sortant de l’ascenseur, j’ai dit une fois que je m’occupais de Pepper. Je n’aime pas me répéter. Pas quand j’ai les nerfs à fleur de peau comme aujourd’hui. Pas quand des millions de questions affluent dans ma tête. Pas quand je peux enfin me rendre utile pour elle.

Alors oui, la seconde fois qu’on m’avait demandé de lâcher implicitement Pepper, j’avais haussé le ton, j’étais devenu plus agressif, surtout face à cet homme que j’ai du mal à supporter en temps normal. J’ai beau m’entendre avec beaucoup de monde, il y a toujours des gens qu’on n’aime pas, qu’on ne peut pas encadrer, surtout lui. La raison de notre mésentente est simple, logique même et remonte à plusieurs années. Pepper et Jay étaient venues à la caserne, pour je ne sais plus quelle raison. Quelques jours après, j’ai surpris une conversation entre ce crétin et un autre collègue, dont le sujet portait justement sur elles. Oh, il ne les critiquait pas non, bien au contraire. Il utilisait même du vocabulaire que jamais je n’utiliserais pour qualifier une femme tant c’est dégradant. Je me souviens avoir littéralement pété un plomb et m’être jeté sur lui. Heureusement pour lui que notre autre collègue était là pour me retenir, vraiment. Depuis ce jour, nos échanges sont plutôt froids, du moins lorsque cela vient de moi. Parce que Monsieur joue l’hypocrite lorsqu’il s’adresse à moi. Alors, à présent, il était hors de question que je le laisse seul avec Pepper. Jamais de la vie. Voilà donc ce qui expliquait mon ton agressif, en plus du fait que je n’aime pas me répéter.

Alors qu’il me dévisageait et que je le foudroyais du regard, je sentis les lèvres de Pepper contre mon cou et son doigt caresser mes cheveux. Un geste bien familier qui me rappelait bien des souvenirs. Elle faisait toujours ça pour me calmer lorsque je rentrais de mauvaise humeur, avant. Sa simple présence et sa douceur suffisaient à me calmer d’ordinaire, mais ces simples gestes avaient toujours eu un effet relaxant sur moi. Encore une chose qui me déstabilise. Je ne comprends vraiment pas son comportement. La dernière fois, c’était clairement une situation de crise entre nous, une séparation officielle et là… Je ne sais plus quoi penser. Si pendant plus d’un an, j’étais perdu, ne sachant pas réellement la cause de sa fuite, c’est encore pire à présent. Je ne sais pas ce qu’elle veut, je ne sais pas ce qu’elle fait. Ni pourquoi elle agit de cette façon. C’est vraiment perturbant et déroutant.

A l’extérieur, j’avais choisi un endroit à peu près au calme, un peu à l’écart sans pour autant nous éloigner trop. Je ne devais pas non plus disparaitre avec l’une des victimes alors que j’étais en plein service. Je l’avais installée à côté de moi, ajustant correctement la couverture autour d'elle et frottant doucement ses épaules pour la réchauffer. Nos regards se croisèrent enfin, depuis un long moment et je pouvais constater à quel point ses yeux étaient rouges. Elle paraissait si vulnérable. Elle m’adressa un petit sourire, que je lui rendis aussitôt. Ma main posée sur sa joue, j’essuyais ses larmes avec mon pouce. Mais elle finit par soupirer et baissa la tête vers ses genoux. J’enlevais donc ma main de son visage et me contentais de laisser mon autre main dans son dos. Si je la trouvais idiote ? Non. Elle se rabaissa ensuite affirmant qu’elle était stupide d’avoir eu peur pour si peu. Je l’observais en silence pour le moment, remarquant qu’elle commençait même à rougir.

« Tu n’as rien d’une idiote et tu n’es pas stupide. »

J’amenais ma main libre à son menton pour tourner son visage vers moi. Et je la regardais dans les yeux. Ses si jolis yeux verts…

« Je ne te trouve pas stupide, d’accord ? »

Je trouve juste sa réaction étrange et excessive. Pourquoi avoir réagi aussi violemment pour un ascenseur bloqué ? Ce n’est pas comme si elle avait été retenue en otage quelque part ou qu’elle avait manqué de se noyer. Là, j’aurais pu comprendre, mais là… Elle a d’ailleurs l’air décidé d’en parler alors pourquoi ne pas tenter ?

« C’est juste que je ne comprends pas trop ta réaction en fait. Je veux dire, tu t’es déjà retrouvée coincée dans un ascenseur plusieurs fois, j’étais même avec toi une fois. Pourtant tu n’as jamais réagi de cette façon. »

J’aimerais juste comprendre pourquoi elle a paniqué aujourd’hui. Ça ne lui ressemble pas. Est-ce que durant l’année où on ne s’est pas vus, elle a eu une expérience traumatisante dans un espace confiné ? Est-ce que quelqu’un s’en est pris à elle ? Si c’est le cas, je ne le tolèrerais pas. C’est dingue à quel point l’imagination peut-être florissante quand on est dans l’inconnu. Plein de différents scénarios commençaient à affluer dans ma tête. Et l’expression de mon visage virait à l’inquiétude.

« Quelqu’un s’en est pris à toi dernièrement ? On t’a fait du mal ? Tu me le dirais n’est-ce pas ? »

Je ne suis pas certain qu’elle m’en parlerait si c’était le cas. On a passé plus d’un an sans se parler, j’imagine que j’étais le cadet de ses soucis et qu’elle se serait plutôt tournée vers Jay que vers moi si elle avait eu ce genre de problème. Et Jay du coup, est-ce qu’elle m’en aurait parlé ? Je n’ai aucun moyen de le savoir. Je ne sais plus rien maintenant alors que je suis quand même son ami à la base… Je lâchais son visage et son dos pour poser mes coudes sur mes genoux et baisser la tête.

« On est quand même amis à la base, et ce depuis toujours. Tu ne peux pas me retirer ça et couper les ponts. Tu n’as pas besoin d’avoir des sentiments pour être ami avec quelqu’un. »


Même si ce sera toujours le cas pour moi. Je reportais mon regard sur elle.

« Alors, si tu as des problèmes, je voudrais que tu m’en parles, s’il te plait. »

Elle ne m’aime plus, je l’ai bien compris, même si son comportement aujourd’hui est assez étrange, mais on est amis depuis toujours. On pourrait au moins le rester ? La voir en tant que simple amie sera difficile, mais je préfère ça que de ne plus la voir du tout. Elle ne peut pas me rayer complètement de sa vie. Pas en continuant de côtoyer ma sœur.

« Je t’en prie, ne disparais pas de nouveau dans la nature sans me donner de nouvelles. »

Je devais paraitre tellement désespéré… Mais en même temps, je ne supporterais pas de ne plus la revoir après ce qu’il vient de se passer…


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MessageSujet: Re: ft 'Rhys ⊰ I can't breathe... Mar 17 Mar - 0:46


   
Emrys & me
   
   
My love is wasted. Sorry for this I never meant to be. Hurting ourselves. And I'm complicated. You won't get me out of trouble, understanding myself...
   
Il avait beau dire que non, je n'étais ni stupide, ni idiote, je ne pouvais m'empêcher de le penser. J'avais eu peur d'un rien. Une situation que j'avais déjà vécue sans autres sentiments que l'agacement jusqu'alors, mais qui aujourd'hui, me terrorisait au plus au point. Les espaces confinés... Combien de fois, à l'adolescence, avais-je ri avec Emrys en lui proposant sept minutes au paradis. Ce jeu qui consistait à s'enfermer dans un placard pendant sept minutes, avec la possibilité de faire tout ce qui nous passait par la tête, m'avait souvent fait rire et avait bien servi, quelques fois, pour allumer la petite flamme du désir ne demandant qu'à tout engloutir. Je n'avais pas peur de grand-chose, avant et certainement pas des espaces confinés. Aujourd'hui, c'était à peine si je pouvais dormir la fenêtre fermée certains jours... Pas toujours pratique en hiver, surtout sans les bras chauds d'Emrys.

Doucement, il m'obligea à lever les yeux et à rencontrer ses prunelles. Il était des plus sincères, quand il m'assura qu'il ne me trouvait pas stupide et je hochais la tête. Oui, il l'était. Cela ne voulait pas dire que ça n'était pas moins vrai. Emrys avait toujours eu une bien plus haute opinion de moi que je ne pouvais en avoir moi-même ou le reste des gens. Seul Jay pouvait le surpasser en surestimation de ce que je pouvais faire ou de ce que j'étais et encore, la plupart du temps, il me semblait que ma meilleure amie semblait plus réaliste à mon sujet que ne l'était mon compa... mon ex-compagnon.

Il m'avoua qu'il ne comprenait juste pas. Que cela m'était déjà arrivé avant - une fois avec lui, même - mais que je n'avais jamais réagi comme cela avant. Il me demanda si quelqu'un s'en était pris à moi, me demandant si je le lui dirais. Je secouais vivement la tête, ne réagissant pas tout de suite dans l'empressement aux deux questions contradictoires. « Non... Non », assurais-je, avant de comprendre et de préciser. « Personne ne m'a fait de mal Rhys. Je te le promets. » Personne, à part moi-même, songeais-je amèrement, sans pour autant le préciser à voix haute. Il n'avait pas besoin de savoir. En fait, il ne devait même surtout pas le savoir. Sauf qu'il s'agissait d'Emrys Snow et qu'il avait tendance à ne pas lâcher une affaire lorsqu'il avait quelque-chose en tête. Particulièrement lorsque cela consistait en des interrogations sur le comportement des gens qu'il aimait.

Il finit par se détacher de moi et par mettre la tête entre ses mains, laissant derrière lui un glacial sentiment de vide, là où il m'avait touché auparavant. Je soupirais malgré moi, l'observant sans pouvoir détacher mes yeux de lui, commençant à comprendre combien il allait m'être difficile de le laisser là et de partir pour rentrer chez moi, maintenant que j'avais tant compté sur lui pour affronter ma peur. Je n'avais aucune envie de le quitter. Mes intestins se tordaient littéralement à la simple idée de le perdre de vue. Je ne pouvais pas faire ça. Je ne pouvais pas le perdre. Et pourtant, je ne pouvais assurément pas le garder près de moi. J'allais finir par en mourir si je le laissais me prendre dans ses bras, ne serait-ce qu'encore une seule fois.

Sa voix me serra le cœur lorsqu'il rappela que nous étions amis, avant d'être amants, que nous l'avions toujours été et que je ne pouvais pas lui retirer ça. Il ajouta que nous n'avions pas besoin de sentiments pour être amis et je fermais les yeux, me mordant la joue à sentir le goût métallique dans ma bouche. Dieu Emrys, ne fais pas ça, suppliais-je intérieurement, maudissant l'homme de me rendre si vulnérable, mais me maudissant moi, surtout, d'être si faible face à lui. D'être encore si amoureuse après tant de temps et de souffrir toujours autant à la simple vue de l'homme que j'avais perdu.

« Emrys... », soufflais-je, dépitée, après qu'il m'eut demandé de lui parler si j'avais des problèmes. Et une nouvelle fois, mon cœur se serra quand il me supplia de ne pas l'abandonner à nouveau sans rien lui dire et ce fut trop pour moi. La douleur dans sa voix, la souffrance qu'il semblait éprouver à la simple idée qu'il ne représentait plus rien pour moi. J'avais bien tenté de lui faire croire cela la dernière fois, mais je ne pouvais pas mentir. Je pouvais manipuler les mots pour qu'il le pense, mais je ne pouvais pas le regarder droit dans les yeux et lui dire que non, je ne l'aimais plus ou pas. J'avais beau me mordre très fort, je n'arrivais pas à tolérer cette constante dans sa voix. Je n'arrivais pas à penser à autre chose. C'était en train de me noyer, comme la peur m'avait noyé tout à l'heure.

« Non ! », m'exclamais-je soudainement, attrayant mes bras de la couverture pour attraper doucement son visage par les joues et l'amener vers moi. « Ne dis plus jamais ça. Ne penses plus jamais ça » Les larmes montaient à mes yeux sans que je ne puisse les commander d'une quelconque manière et je fus contrainte de respirer plus bruyamment avant de pouvoir poursuivre. « Dieu Emrys, ne crois jamais que tu ne comptes pas pour moi... Jamais, tu m'entends... » Je m'en voulais de le lui dire. Je m'en voulais de serrer mes doigts contre ses joues au risque de lui en faire mal, mais j'avais si mal à l'imaginer en train de penser que je n'avais plus aucun sentiment pour lui, alors que mon cœur débordait d'amour pour lui et que ma vie avait perdu tout sens sans son amour pour moi. « Je suis terrifiée. Tout me terrifie. Ils sont morts dans une voiture. Dans la voiture de maman. Tu sais comme elle était minuscule cette voiture. Ils étaient coincés dedans et ils sont morts. Dans ce si petit espace... Certaines nuits, je n'arrive même pas à dormir avec la fenêtre fermée tant j'ai peur d'étouffer », avouais-je enfin, pour la première fois à quiconque, les larmes coulant abondamment désormais. « Il pleuvait cette nuit-là, t'en souviens-tu seulement ? Certaines nuits, je rêve que la pluie est si forte et si abondante qu'elle s'infiltre dans la voiture et que je suis avec eux dans cette voiture et je me noie... Quand je me réveille, mes poumons me brûlent tellement qu'il me faut plusieurs minutes pour me rappeler que je suis en sécurité, dans ma chambre... »

Réalisant que je m'accrochais trop désespérément à son visage, je le lâchais doucement, reculant un peu sur le banc et redressant la couverture de survie autour de mes épaules, baisser les yeux, les larmes claquant sur la couverture, à mesure qu'elle tombait de mes joues. « Mais les pires cauchemars sont ceux où je suis à l'extérieur de la voiture, totalement impuissante. Il y a Dan au volant et maman à côté... et toi à l'arrière... Tu me regardes à travers la vitre et tu me dis quelque-chose que je ne peux pas comprendre et je vois dans tes yeux que tu veux me rassurer, mais que tu es terrifié en sachant que tu vas mourir et que personne ne peut rien faire... » Poussant un gémissement désespéré, je reniflais avant de relever les yeux vers lui. J'avais commencé à parler. J'avais commencé à dire tout ce que j'avais sur le cœur. Je ne pouvais plus arrêter. Plus maintenant. « Un matin, on s'est levé et je t'ai supplié de ne pas aller travailler. J'avais fait un nouveau cauchemar et j'avais tellement peur... Tu as ri, tu m'as embrassé avec toute ta tendresse et tu m'as promis de rentrer tôt, que ça irait et que tu m'aimais. Il y a eu un gros accident ce jour-là. Si gros que tu as dû faire des heures supplémentaires. J'avais passé toute la journée à regarder les images, à entendre tout et n'importe quoi dans les médias, dans la bouche des gens. Il y avait tout et n'importe quoi, mais il y avait surtout une rumeur de sur-accident et que des secouristes avaient été blessés,... J'ai passé la journée les yeux rivés sur mon portable, à attendre qu'on m'appelle pour me dire que tu avais été blessé... et quand enfin mon téléphone a sonné, tard dans la soirée, c'était toi. Tu me disais que tu rentrais à la caserne et que tu avais envie d'un restaurant. Alors, je suis venu te chercher et je t'ai vu, là, riant avec tes collègues en rangeant le matériel et en parlant de telle ou telle chose que tu avais faites dans la journée... »

C'était ça. C'était le moment où j'avais réalisé, même si j'avais tout fait pour me convaincre que la fuite n'était pas la solution, échouant lamentablement moins d'une semaine plus tôt. J'avais fini par le quitter alors et il méritait de comprendre exactement pourquoi. « Je pouvais pas te retirer ça. Je pouvais pas te retirer ce qui te rendait si heureux, ce qui a toujours fait partie de toi, parce que j'étais incapable de ne pas imaginer le pire dans mes cauchemars. Je suis peut-être celle que tu voulais, celle que tu veux peut-être encore... mais crois, moi, Emrys... Je ne suis plus la femme qu'il te faut. » Même si aucune femme ne pourra t'aimer autant que moi...

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MessageSujet: Re: ft 'Rhys ⊰ I can't breathe... Mer 18 Mar - 21:18



❝I can't breathe...❞
Pepper & Emrys
Je ne comprenais pas sa peur des espaces confinés. Elle n’avait jamais eu peur d’être enfermée quelque part. Combien de fois on s’était enfermés tous les deux dans un placard ? L’espace était encore plus restreint que l’ascenseur d’aujourd’hui. Alors, totalement perdu, des milliers de scénarios affluaient dans ma tête. Et le fait de savoir si on lui avait fait du mal durant l’année qui venait de s’écouler me semblait être une question tout à fait logique, suite à mon raisonnement. Elle avait peut-être été séquestrée ou pire… L’imagination peut tellement être florissante quand on s’imagine le pire. Et dans mon cas c’était particulièrement vrai. Je n’aimais pas la savoir loin de moi en règle générale, parce que j’ai toujours peur qu’il lui arrive les pires choses du monde. Des atrocités j’en vois beaucoup au boulot et certains individus peuvent vraiment aller loin… Alors, je n’ai jamais été aussi inquiet de ma vie que durant tout ce temps de séparation, avant que je ne la retrouve il y a quelques temps dans son café. Bon, je supposais qu’elle allait bien, sinon Jay m’en aurait parlé. Je pense. J’espère.

Lorsque je lui avais posé la question, elle avait secoué vivement la tête avant de me promettre que personne ne lui avait fait du mal pendant tout ce temps. Bon, me voilà en partie rassuré. Si personne ne s’en est pris à elle, c’est déjà une bonne chose. De toute manière, c’est quelque chose que je ne tolérerais pas. Ni maintenant, ni avant, ni jamais. Je serais capable de retrouver le type et de me défouler sur lui pour lui exprimer ma façon de penser. Je l’ai déjà fait, plusieurs fois. Et ça ne me gênerait pas de recommencer. Quand on était plus jeunes, Pepper était venue me trouver parce que son copain l’avait trompée et qu’il l’avait insultée comme le bel enfoiré qu’il était. Je me souviendrais toujours de cette soirée, parce que c’était le moment où on s’est embrassé pour la première fois. Mais dès le lendemain, je suis allé le voir ce crétin. J’étais tellement énervé ce jour-là… Il n’a plus jamais approché Pepper depuis. Il n’avait pas intérêt. Je m’efforce de la protéger depuis toujours quasiment alors ne pas savoir ce qu’elle faisait pendant tout ce temps était vraiment difficile à supporter.

Toujours est-il que je ne comprenais pas sa réaction. Il n’y a pas eu d’évènement dramatique récemment impliquant un espace confiné ou même un ascenseur, personne ne s’en est pris à elle, alors quoi ? Et puis, le fait de savoir qu’elle allait finir par repartir, par me laisser là, seul et qu’elle allait re-disparaitre dans la nature – ou dans la ville en l’occurrence – m’anéantissait littéralement. Après ce qu’il vient de se passer, après avoir pu sentir de nouveau sa chaleur dans mes bras, son souffle sur ma peau et tout le reste, je ne pouvais pas me résoudre à la perdre, encore. Je voulais que ce moment ne prenne jamais fin, qu’on reste toujours tous les deux sur ce banc, au moins, elle serait avec moi. Je savais déjà que les prochains jours, même cette nuit seraient très difficiles, sans elle. J’espérais juste qu’on garde le contact, qu’on continue de se voir même en tant que simples amis, juste pour avoir encore le bonheur de la voir, juste la voir. Même si je sais pertinemment que ça ne sera jamais suffisant. Je préfère ça que de ne plus jamais la revoir. Il fallait juste que j’arrive à la convaincre, même si elle me déteste à présent ou qu’elle ne ressent plus rien pour moi. Je l’avais même limite suppliée tellement j’étais désespéré. Je ne suis pourtant pas le genre à me rabaisser si bas…

Elle prononça mon prénom. Elle le prononçait toujours d’une certaine manière. Du moins, il sonnait différemment à mes oreilles, par rapport à toutes les autres personnes qui peuvent m’interpeller chaque jour. J’adorais entendre mon prénom dans sa bouche… Je ne m’en lasserais jamais. J’avais tourné la tête dans sa direction alors que j’étais toujours légèrement penché en avant, les coudes sur mes genoux et les mains dans le vide. Soudainement, elle s’écria, prononçant un « non » assez fermement, ce qui me surprit. Quoi ? Je la regardais, perplexe alors qu’elle attrapait mon visage entre ses mains pour m’attirer vers elle, m’obligeant à me redresser. Qu’est-ce qu’il lui prend ? Que je ne dise plus jamais ça ? Que je ne pense plus jamais ça ? Mais « ça » quoi ? Elle avait l’air bouleversé tout à coup. Quoi, qu’est-ce que j’ai dit ? Je la regardais, les yeux ronds, sans réellement la comprendre. Encore une fois. Il va me falloir un décodeur pour comprendre cette femme. Vraiment. Elle me demanda – m’ordonna – de ne jamais croire que je ne comptais pas pour elle. Jamais. Je fronçais les sourcils, comme si ça allait m’aider à mieux comprendre. Ce n’est pourtant pas ce qu’elle m’a dit la dernière fois. Bon sang, comment peut-elle changer d’avis aussi vite ? Je suis complètement perdu.

« Mais… Ce n’est pas ce que tu m’as dit la dernière fois… Je ne comprends rien, c’est vraiment difficile de te suivre… »


Et encore, « difficile » le mot est faible. Très faible. Si ça se trouve, rien n’est clair pour elle non plus. Elle s’embrouille dans ses pensées et m’embrouille aussi par la même occasion. Si elle ne se comprend pas elle-même, comment je peux y arriver ? Je sentais ses doigts se crisper sur mes joues alors je posais mes mains sur les siennes pour tenter de la calmer un peu. Mais si je compte encore pour elle, c’est qu’il y a encore une chance ? Même infime ? C’est toujours mieux que rien. Mieux que la semaine dernière. Même s’il ne faut pas que je me fasse trop d’illusions.

Elle reprit la parole en m’avouant qu’elle était terrifiée, que tout la terrifiait en fait. Elle évoquait l’accident de son frère et de sa mère, en insistant sur le fait que la voiture était petite. Et là, tout prit un sens. Voilà donc pourquoi elle a peur des espaces confinés. Ça lui rappelle l’accident fatal de sa famille. C’est vrai que leur voiture était petite… L’évocation de ce souvenir était également douloureux pour moi, j’y avais perdu mon meilleur ami d’enfance et la femme qui se rapprochait le plus de la figure maternelle pour moi. Ce jour funeste, comment l’oublier ? Aucun de nous ne l’oubliera jamais. Que ce soit moi, Pepper, Jay et même mon père. Ses larmes coulaient sans s’arrêter sur ses joues et instinctivement, j’y amenais une main pour lui essuyer, comme je l’avais toujours fait. Mon autre main vint se poser sur son genou. Je constate également qu’elle fait toujours ses cauchemars. Je ne compte même plus le nombre de fois où elle m’a réveillé en sursaut parce qu’elle avait rêvé de l’accident. Quasiment chaque nuit. Il semblerait que ça continue toujours. Et je ne suis même plus là pour la calmer et la réconforter…

Elle continua de parler, me rappelant qu’il pleuvait cette nuit-là. Je m’en souviens, comme si c’était hier. J’acquiesçais d’ailleurs pour lui répondre lorsqu’elle me posa la question, pour ne pas l’interrompre. Elle me racontait ensuite ses cauchemars, comme quoi elle rêvait que la pluie était si impressionnante qu’elle entrait dans la voiture où elle s’y trouvait elle aussi. Et elle se noyait. Elle faisait déjà les mêmes genres de rêves avant. Et comme à chaque fois, elle se réveille en sursaut, la respiration haletante, et en pleurs des fois. Sauf que maintenant, elle est seule. Je ne pouvais pas dire grand-chose, ni faire quoi que ce soit à part la regarder d’un air impuissant et désemparé. J’aimerais tellement faire quelque chose pour l’apaiser, mais quoi ?

Elle finit par me lâcher et je pouvais encore sentir ses doigts sur mon visage, si désespérément ancrés dans ma peau quelques secondes plus tôt. Je la voyais baisser les yeux en pleurant et tout ce que je voulais faire, c’était la prendre dans mes bras. Mais quelque chose m’en empêchait. Je ne sais pas pourquoi, mais j’avais peur qu’elle me repousse et ça, je ne pourrais pas le supporter. Alors, je me contentais de me rapprocher d’elle, de passer un bras autour de ses épaules et de lui prendre l’une de ses mains dans la mienne. Et elle continuait sur sa lancée, m’expliquant que ses pires cauchemars étaient ceux où elle ne se trouvait pas dans la voiture. Ceux où c’est moi qui me trouvais à l’arrière de la voiture avec eux… Je baisse alors la tête et me mordille l’intérieur de la joue. Le pire, c’est que j’aurais dû être réellement dans cette voiture. C’était ce qui était convenu à la base. J’aurais vraiment pu y rester. Ses cauchemars sont juste abominables à entendre, alors je n’imagine pas à quel point ça peut être douloureux de les vivre. Je l’entendis pousser une sorte de gémissement alors je relevais la tête pour la regarder, resserrant mon étreinte autour de ses épaules.

Mais je n’eus pas le temps de dire quoi que ce soit parce qu’elle recommençait à parler. Une fois qu’elle est partie, elle ne s’arrête plus. Alors, je ne vais pas la couper. Je suppose que ça lui fait du bien de parler. Ce n’était pas forcément très plaisant à entendre,  mais elle avait sans doute besoin de se vider la tête, d’exprimer ce qui la rongeait. J’écoutais donc, chacune de ses paroles, caressant sa main avec mon pouce et son épaule avec l’autre, pour lui donner du courage, lui montrer que j’étais là pour l’écouter. Elle me rappela un souvenir commun, une fois où elle m’avait supplié de ne pas aller travailler. Pour le moment ça ne me disait rien, il lui arrivait souvent d’essayer de me retenir, suite à un cauchemar toujours plus horrible. Et moi, j’avais fait comme d’habitude, je l’avais embrassée, je l’avais rassurée et je lui avais promis de revenir vite. Ce fut le jour d’un gros accident, comme on en a souvent en fait. Mais apparemment ce jour-là, il était assez conséquent parce que j’avais dû faire des heures supplémentaires. Au fur et à mesure de son récit, le souvenir de ce jour-là me revenait en mémoire. Oh, oui, je me souviens… Un véritable carnage… Il faut avoir un mental d’acier pour effectuer ma profession, parce que des horreurs on en voit quasiment tous les jours. Les accidents de la route sont effroyables. Les cartons sur les routes, c’est ce qu’il y a de pire. Et si tu n’as pas l’estomac bien accroché, tu ne supportes pas ce que tu vois. Parce que tout le monde ne met pas sa ceinture de sécurité… elle m’expliqua qu’elle avait passé la journée à suivre les infos et qu’à cause des médias, elle avait passé tout son temps à surveiller son téléphone. Oui, ces imbéciles avaient raconté que des secouristes avaient été blessés, or ce n’était pas la vérité. Il y avait juste une nouvelle recrue chez nous qui n’a pas supporté de voir la scène alors il s’est rendu malade et a fait un malaise. Les médias enveniment toujours les faits. Je me souviens l’avoir appelée assez tard parce que je n’avais pas eu le temps de le faire plus tôt. Je lui ai même proposé d’aller au restaurant pour me changer les idées parce que l’accident de l’après-midi avait vraiment été difficile à supporter… Quand elle est arrivée à la caserne ce jour-là, on plaisantait oui. On évacuait notre mal-être parce qu’on n’avait pas décroché un mot de tout le voyage de retour jusqu’à la caserne. Il y avait une sale ambiance de mort alors l’un de mes collègues nous a sorti une blague pour détendre l’atmosphère. Et on a commencé à partir dans des conneries. Rire nous faisait du bien après les interventions difficiles, sinon personne ne tiendrait le coup.

« Pepper… Je te l’ai déjà dit, mais si on ne plaisante pas entre nous, si on ne se détend pas après des interventions difficiles de ce genre, on finit tous en hôpital psychiatrique au bord du suicide. On voit tellement de choses qu’il est humainement difficile à supporter qu’il fait réellement qu’on se détende si on ne veut pas devenir dingue. Ce sont les mauvais côtés de ce travail. »

J’ai vu des choses qu’elle n’oserait jamais imaginé même dans ses cauchemars… Beaucoup de nos nouvelles recrues ne supportent pas ce qu’elles voient et préfèrent tout stopper, mais elles seront marquées à vie. Heureusement qu’il y a des bons côtés également, sinon on serait tous internés. Mais c’est comme ça. Chaque travail a des bons et des mauvais côtés. Enfin, je ne vois pas trop où elle veut en venir avec cette anecdote. Je ne vois pas trop le rapport. Mais elle continua pour éclairer ma lanterne affirmant qu’elle ne pouvait pas me retirer ça. Et elle recommença… Comme la dernière fois… Le sujet qui fâche. Elle ne voulait pas que je choisisse entre elle et mon travail alors elle a tout simplement décidé pour moi. Sauf que je n’aurais pas fait le même choix. Ses dernières paroles raisonnaient dans ma tête, en écho avec ce qu’elle m’avait dit la dernière fois. Voilà qu’elle recommence à dire qu’elle n’est pas faite pour moi… Personne n’est plus faite pour moi qu’elle… Personne. A ces mots, je poussais un profond soupir exaspéré. C’est reparti. Je lâchais sa main et enlevais mon bras de ses épaules pour me lever du banc. Elle m’énerve quand elle me sort des conneries pareilles. Je restais debout dos à elle quelques instants, posant mes mains sur mes hanches. Je regardais droit devant moi, me mordant les lèvres sous l’énervement, puis je laissais tomber ma tête en arrière, regardant le ciel gris, de la même couleur que mon humeur tiens. Puis, je rebaissais la tête en soupirant.

« Arrête de dire ça. Et je ne veux même pas que tu continues à me sortir des conneries du style que je mérite une débile qui n’aurait d’yeux que pour mon soi-disant héroïsme et tout le bordel. »

Je ne l’avais pas regardée, mais le ton de ma voix trahissait sans mal mon état d’esprit. Ce que je veux, c’est elle et personne d’autre. Alors si elle ne veut plus de moi, soit. Alors, je resterai seul. Je me retournais dans son sens pour la regarder alors que je croisais les bras en pinçant les lèvres. Est-ce qu’elle se rend compte des absurdités qu’elle me sort ? Elle sait pertinemment que je suis fou d’elle et que personne ne pourra jamais la remplacer, et pourtant … Oh, elle n’a pas précisé que je méritais une autre femme, mais elle me l’a déjà dit la dernière fois, je sais très bien qu’elle le pense toujours.

« Tu sais très bien ce que je pense de ça, je te l’ai déjà dit la dernière fois, alors je ne vais pas me répéter. »

Voilà, maintenant j’ai les nerfs. Mais je ne veux pas me disputer avec elle, pas maintenant, pas après ce qu’on vient de vivre. Je n’en aurais pas la force. Il faut qu’on marche, qu’on parte d’ici, que je me calme. Je m’avançais vers elle pour lui prendre la main et la tirer vers moi pour qu’elle se lève et me suive.

« Viens, je te ramène chez toi. »

Et je me mettais en route en tenant sa main fermement dans la mienne pour l’empêcher de prendre la fuite. Je ne sais pas où elle habite, mais elle me le dira. Sinon, je peux la ramener chez Jay, elle n’habite pas loin. Ou chez moi… Dans tous les cas, il est hors de question que je la laisse rentrer seule chez elle et ce n’est pas discutable. Elle n’avait pas son mot à dire. Alors qu’on passait au niveau du camion de pompier, je voyais toujours mes collègues s’affairer à l’intérieur du bâtiment ou à discuter à l’extérieur. On s’éloignait un peu de la cohue quand une voix m’interpella dans mon dos.

« Snow ! »

Je levais les yeux au ciel et serrais les dents en reconnaissant sa voix. Celle de James Redford, que je ne supporte pas. Je me retournais lentement dans son sens et je le voyais s’approcher de nous.

« Quoi ? »

Je n’étais pas très aimable, disons que la conversation que je venais d’avoir m’avait quelque peu énervé et je ne voulais pas lui parler, pas à lui. Pas à cet homme qui n’avait que peu de respect et de considération pour le genre féminin.

« Où est-ce que tu vas ? Tu ne peux pas partir comme ça avec l’une des victimes. »

Mêle-toi de tes affaires.

« Je la raccompagne chez elle. »

Crétin. Il me dévisagea avec toute l’hypocrisie et l’arrogance du monde. Puis, il porta son regard sur Pepper. Il la regarda des pieds à la tête quelques secondes et un déclic semblait émerger dans son petit crâne. Il eut un sourire de pervers, sans doute en se rappelant tout ce qu’il avait pu penser en la voyant pour la première fois. Je ne supportais pas la façon qu’il avait de la regarder et ça ne faisait que me faire bouillir davantage. Et comme si ça ne suffisait pas, il s’adressa directement à elle.

« Tu es déjà venue à la caserne ma jolie, je me souviens de toi. »

Ce n’était peut-être qu’une simple réplique qui pouvait sembler tout à fait innocente. Pourtant je connaissais très bien le fond de sa pensée. Je l’avais entendu parler d’elle et de ma sœur ce jour-là…

« Allez, tu en as assez fait Snow, je vais m’occuper d’elle, tu mérites un peu de repos mon gars. » Dit-il avec un grand sourire.

Je le voyais approcher sa main du bras de Pepper mais c’en était trop. Il n’a pas eu le temps de la toucher. Je m’étais déjà jeté sur lui pour l’attraper par le col et le plaquer contre le bloc de béton le plus proche.

« Je t’interdis de poser tes sales pattes sur elle ! »

J’étais hargneux, agressif, mauvais. Je ne tolérais pas que ce type la touche, ni la regarde même. Pas lui. Mais rapidement, je sentis une main sur mon épaule et une voix calme et chaleureuse.

« Snow, calme-toi, détend-toi, respire et lâche Redford, s’il te plait. »

Aaron, mon collègue que j’avais croisé en sortant de l’ascenseur. Je foudroyai James du regard, soupirai fortement et je finis par desserrer mon étreinte pour le relâcher. Si mes yeux avaient été des armes à feu, il serait transpercé de partout. Je reculais de quelques pas et je récupérais rapidement la main de Pepper.

« T’es complètement cinglé Emrys ! »


James s’était exclamé, visiblement impressionné et choqué que je me sois jeté sur lui sans prévenir. Pourtant je l’avais déjà fait par la passé. Il a toujours eu de la chance qu’une tierce personne intervienne pour lui sauver la mise. Cette fois c’était Aaron, qui se mit à élever la voix.

« Ça suffit James ! Qu’est-ce qu’il se passe ici ? »

« Rien, je la raccompagne chez elle. »

C’est ce qui était prévu à la base, avant que Monsieur Cerveau-Mal-Placé n’intervienne. Aaron semblait réfléchir tellement vite que je pouvais lire son hésitation sur son visage. Il n’était pas un simple collègue, il était mon supérieur hiérarchique et l’une des personnes avec qui je m’entendais le mieux.

« Snow, on ne peut pas te laisser partir seul avec l’une des victimes. »

Oh si je partirai, que tu le veuilles ou non. Si je voulais qu’il me laisse partir, je devais lui donner une bonne raison. Même si celle que j’avais en tête n’était pas la vérité, mais tant pis.

« C’est ma fiancée. »

Mes deux collègues me regardaient avec des yeux ronds, surtout James. Aaron soupira.

« Bon, ok vas-y. Mais vite avant que je change d’avis. »

« Merci. »

Je n’attendais pas une seconde de plus et je repris mon chemin, la main de Pepper toujours dans la mienne, la tenant fermement. On s’éloignait du vacarme de l’endroit en passant par un chemin un peu reculé, pour ne pas passer à travers la petite foule de curieux. Une fois dans la rue, je continuais de marcher, j’en avais besoin pour retrouver mon calme, même si je ne savais pas où on allait.

« Tu habites où ? »


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MessageSujet: Re: ft 'Rhys ⊰ I can't breathe... Sam 21 Mar - 15:59


   
Emrys & me
   
   
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Il ne comprenait pas. Il ne comprenait rien. Bon sang, pourquoi ne pouvait-il pas comprendre ? C'était tellement plus simple ainsi, je pouvais l'éloigner de moi, alors que s'il comprenait, il pourrait se battre pour nous, mais c'était aussi bien plus douloureux, parce que je l'entendais dire des choses horribles. Parce que je devais encaisser la vision qu'il avait de moi, de nous et de l'image de nous et de notre amour que je pouvais lui renvoyer. C'était trop douloureux de voir qu'il pense que je ne l'aimais pas. C'était trop douloureux qu'il puisse réellement penser que je ne l'aimais pas plus que cela. Dieu je l'aimais. Depuis toujours. Comment pouvait-il même penser que je ne pouvais plus l'aimer quand je l'avais aimé depuis que j'étais capable de comprendre ce que signifiait ''tomber amoureuse'' et que lui seul avait été mon tout ? Il était tellement plus que l'homme que j'aimais. Il était l'amour de ma vie, mon âme sœur. Je n'avais jamais douté du fait que c'était lui. Lui et aucun autre. Je le savais depuis l'adolescence. Depuis que j'avais accepté le fait que je l'aimais.

Il fallait que je lui explique. Je ne voulais pas que cela le pousse à vouloir se battre pour nous. Je ne voulais pas qu'il comprenne complètement pourquoi j'avais fui et pourquoi je fuyais encore... Pourquoi je fuyais, désormais... Je ne voulais pas qu'il sache tout ça, mais comment survivre s'il pensait que je ne l'aimais pas. Pouvait-il en arriver à penser que je ne l'avais jamais aimé ? J'en mourrais s'il venait à le croire. J'avais déjà tant de mal à respirer face à l'idée qu'il pense que je ne l'aimais plus, quand c'était parce que je l'aimais trop que je ne pouvais plus supporter d'être proche de lui. Tous ceux que j'aimais mourraient autour de moi. Je ne pouvais pas supporter qu'il soit le prochain. Pas lui. Tout, mais pas lui...

Son toucher était difficile à supporter, emprunt de temps de choses. Je l'aimais toujours et ses étreintes restaient la plus grande source de réconfort qui soit. Je m'étais accroché à lui dans l'ascenseur et jusqu'à ce banc, parce que son étreinte m'avait toujours sauvé des plus grands cauchemars. Sa peau avait toujours été la plus douce source de chaleur qui soit et Emrys était vite et définitivement devenu mon chauffage particulier, ses bras ma maison chaleureuse. Ses lèvres douces et pleines m'avaient toujours murmurées tant de belles promesses, qu'elles passent par la barrière des mots ou s'exprime dans ses baisers. Son corps tout entier, son toucher et le mien sur sa peau avait le don de me donner mille frissons et de me faire rêver à mille choses délicieuses... J'avais tant aimé l'effet qu'il me procurait, par le passé. Chaque moment était propice à induire une situation de peau à peau. Le désir et le plaisir faisaient partie intégrante de notre relation de couple. Les rapports intimes quelque-chose d'important, auquel nous accordions beaucoup d'attention. Et les éléments déclencheurs du feu de la passion si nombreux. Une simple caresse, une simple main dans les cheveux de l'autre suffisait à nous allumer. Et je n'avais eu aucun contact avec lui depuis plus d'un an...

Alors, bien évidemment, sentir son contact après tant de temps faisaient un bien fou. C'était comme retrouver le soleil après un an d'obscurité. C'était comme retrouver l'oxygène après en avoir été trop longtemps privé. Mais ça faisait mal. Plus mal que tout, parce que je savais exactement pourquoi j'avais perdu le soleil et pourquoi je respirais mal depuis un an et demi. Je savais que c'était entièrement ma faute et que ce plaisir retrouvé n'était causé que parce que j'avais pris peur et fuit en premier lieu. Parce que je nous avais mis tous les deux dans cette horrible situation. Et surtout, je savais que ces retrouvailles n'étaient que superficielles et éphémères. Superficiel parce que nous n'irions pas plus loin. Pas de baisers tant nécessaires pour calmer mon cœur palpitant. Pas d'étreinte intime, pas de promesses d'avenirs. Tout ça, je l'avais perdu définitivement et j'allais devoir dire adieu sans jamais l'avoir retrouvé, même une fois. C'était mieux ainsi. Parce que je n'aurais pas supporté d'aller plus loin, pour tout perdre ensuite. J'étais finie s'il tentait d'aller plus loin. J'étais finie s'il décidait de se battre pour me récupérer. Alors, il ne fallait pas que cela arrive et il fallait que nos retrouvailles restent le plus superficiel possible. Éphémère parce que c'était douloureux. Trop douloureux, pour que j'accepte que cela arrive à nouveau. Non. Il fallait qu'aujourd'hui soit la dernière fois et que je disparaisse à nouveau de sa vie... Sauf que non. Il ne le voulait pas et je n'avais pas le cœur à lui dire adieu, alors qu'il me suppliait de rester dans sa vie et de redevenir son amie.

Emrys contra méthodiquement tous mes mots, me rappelant ce qu'il m'avait déjà dit maintes et maintes fois, que la plaisanterie et le rire étaient des mécanismes pour se détendre, pour relâcher la pression et supporter les épreuves de la journée. Que sans ça, ils finiraient tous à l'asile psychiatrique. Que la détente faisait partie des mauvais côtés de ce job. Et je soupirais. Baissant les yeux, je soupirais, parce que c'était tout ce que je pouvais faire. Son job était ma principale arme de combat et s'il réduisait à néant tout ce que je pouvais en dire, alors je perdais ma meilleure arme pour expliquer pourquoi j'étais partie et pourquoi je ne pouvais revenir dans sa vie... Pourquoi je me battais moi-même pour ne pas revenir vers lui et me traîner à ses pieds pour le supplier de me reprendre. « Mais tu l'aimes, ce travail. », soufflais-je doucement. « C'est toute ta vie. Je ne me rappelle même plus de l'époque où tu disais vouloir faire autre chose. Tu as toujours voulu être pompier et je ne voyais que trop combien tu adores faire ce que tu fais... » Il était si passionné, si heureux de sauver des gens. Pas pour qu'on le traite en héros, mais parce qu'il voulait faire quelque-chose de bien. Quelque chose qui compte. Je ne pouvais pas lui retirer ça. Je ne pouvais pas lui retirer ce qui le rendait si fier de lui, ce qui faisait sens dans sa vie. Alors, il m'avait fallu partir. Pour ne pas le voir mourir et pour ne pas le contraindre à choisir entre son travail et moi. A moins que ça ne soit pour ne pas le voir choisir son travail plutôt que moi...

Il se leva du banc lorsque j'arguais qu'il méritait mieux que moi et contrat une nouvelle fois mes propos, précisant qu'il méritait toute autre chose qu'une idiote qui ne l'aurait aimé que pour sa valeur héroïque. Il ajouta que je savais très bien ce qu'il en pensait et qu'il n'allait pas le répéter et je hochais la tête, évitant soigneusement son regard. Oui, je savais. Je savais très bien ce que je voulais pour lui et ce que je ne voulais pas pour moi et ça ne faisait pas moins mal de savoir qu'il était contre moi dans cette idée, parce qu'au final, je ressentais cela aussi. Personne ne pouvait l'aimer comme moi. Personne ne le connaîtrait jamais comme moi je le connaissais... Du moins je l'espérais, parce que c'était absolument tout ce qu'il me restait de nous et que je n'aurais pas supporté de perdre cela aussi. Bien évidemment qu'il méritait mieux qu'une connasse qui ne voyait que l'uniforme et pas l'homme merveilleux. Bien sûr que je ne désirais que son bonheur. Mais la part égoïste de moi-même ne voulait pas qu'il trouve mieux. Voulait être le mieux pour lui. Je devais juste faire taire cette voix et laisser la Pepper altruiste et amoureuse faire ce qu'elle avait à faire pour le bien de tout le monde. Parce qu'il méritait mieux que moi. Il méritait une belle et heureuse vie. Avec une autre femme si c'était ce qu'il désirait, mais il méritait tout le bonheur du monde et je n'étais bonne qu'à entacher ce bonheur, encore et encore. J'étais son oiseau de malheur...

Il me prit soudainement la main, m'annonçant qu'il me ramenait chez moi. Sous l'impulsion qu'il me donna, je fus bien contrainte de me lever, même si je me raidis. Est-ce que je pouvais vraiment le ramener chez moi ? Est-ce que je pouvais le laisser entrer dans mon lieu de... Quoi ? Vie ? Je n'étais pas en vie. Cet endroit était aussi dénué de vie et d'âme que ne l'étais une chambre d'hôtel. Il n'y avait que mes mille souvenirs de lui pour signer que cet endroit était bien le mien. Les photos de lui, de nous, les rares objets que j'avais et qui lui avaient appartenu - Je glissais ma main contre ma poche arrière, juste pour m'assurer que mon collier était toujours là, bien à sa place, glissant, sans le vouloir, l'espace d'un instant, mon regard sur l'anneau jumeau qu'il portait à son cou.

Je ne dis rien, le laissant me traîner loin de là, consciente qu'il n'était pas en état. Il était en colère et il avait l'idée de m'emmener loin d'ici. Tant que ça n'était pas fait, inutile de chercher à parler avec lui. Il fallait qu'il vienne vers moi. Pas que j'aille le chercher. Ça ne marcherait pas. Malheureusement pour nous, l'un de ses collègues nous interpella, nous obligeant à nous tourner vers lui. Je me souvenais vaguement de lui. Emrys le détestait. Il n'avait jamais voulu nous dire pourquoi à Jay et moi, mais il avait simplement dit que c'était un connard fini et je savais qu'un jour ou l'autre, cela finirait mal entre eux deux. Combien de fois, par le passé, il m'avait fallu calmer Emrys à cause de ce type. Combien de mes baisers et de mes câlins tendres étaient voués à lui faire oublier ce type et se concentrer sur moi, sur nous, pour laisser derrière les ennuis de la journée ? L'homme lui reprocha de vouloir partir, lui disant qu'il ne pouvait pas partir comme ça, surtout pas avec l'une des victimes, mais Emrys était déterminé. Il avait pris sa décision et je savais qu'il ne changerait pas d'avis. Et puis soudain, il posa ses yeux sur moi, ce type dont je n'arrivais pas à me souvenir du nom, me regardant d'une manière qui me mit assez mal à l'aise, alors qu'il avouait me reconnaître et m'avoir déjà vu à la caserne. Il ajouta envers Emrys qu'il avait largement fait sa part et que lui allait s'occuper de moi et j'eus froid dans le dos. Je le sentais mal. Je le sentais très mal. C'était typiquement le genre d'interférence et de sous-entendus qu'Emrys ne pouvait pas supporter. Ce qui le conduisait à jouer les mâles dominants et à se montrer des plus possessifs. Et alors que l'homme tendait son bras vers moi pour m'attraper et ''s'occuper de moi'' - comme il le disait si bien -, Emrys se jeta littéralement sur lui, me faisant sursauter sous la violence et la rapidité de l'acte.

J'aurais dû réagir. J'aurais dû essayer de le calmer et le ramener vers moi, mais je restais complètement figée, incapable d'aller contre lui et de l'empêcher de faire du mal à ce type. Heureusement, un autre de ses collègue arriva rapidement, posant sa main sur l'épaule d'Emrys pour lui demander de se calmer et de lâcher celui qui s'appelait Redford. Le jeune homme fini par le faire, recula de quelques pas et attrapa ma main. Machinalement, je caressais le dos de sa main de mon pouce, l'appelant au calme par ce petit geste tendre, alors que celui qui semblait avoir l'autorité parmi les trois demandait des explications. Emrys resta focalisé sur son idée d'origine et annonça au nouveau venu qu'il me raccompagnait chez moi. L'homme refusa d'abord, rappelant qu'il n'avait pas le droit de partir, comme ça, avec une victime, mais le brun contrat l'argument en évoquant le fait que j'étais sa fiancée. Je me figeais immédiatement, cessant mes caresses sur sa main et serrant très fort ses doigts, sous la surprise, mais aussi et surtout sous le coup de la douleur qui prit place dans ma poitrine. Sa fiancée ? Combien de fois je l'avais rêvé. Combien j'avais désiré qu'il m'appelle ainsi, qu'il me présente comme sa femme. Je voulais être sienne, lui appartenir dans tous les sens du terme et je voulais que tout le monde sache en nous regardant que nous nous appartenions l'un et l'autre. Seulement, le bon moment n'étais jamais venu. Nous avions repoussé l'idée parce qu'il devait passer les concours d'entrée chez les pompiers, puis j'avais monté mon affaire et il y avait tant de choses sur la liste, des travaux, de la publicité, les anniversaires, les voyages en famille, les activités de chacun... Nous avions convenu de repousser les fiançailles quand il serait bien installé dans son travail, quand mon commerce tournerait assez pour avoir l'argent nécessaire pour un beau mariage, tout comme nous avions repoussés la conception d'un bébé quand son travail serait moins prenant, le mien moins précaire. Ça faisait mal de l'entendre quand c'était juste un mensonge pour qu'on nous laisse tranquille...

Je n'ouvris pas la bouche pendant tout le moment de choc de ses deux collègues, ni quand le supérieur lui donna l'autorisation de m'emmener loin d'ici, me contentant de m'accrocher au bras d'Emrys comme si je ne voulais plus le quitter. Le voulais-je seulement ? Il marcha d'un pas décidé, m'emmenant vers une partie non occupé par le public curieux, pour nous éloigner du cabinet médical qui avait été le lieu de mon enfermement et la cause de tout ceci. Il s'arrêta une fois à bonne distance de ses collègues et loin de tout curieux, me demandant où j'habitais. Je me mordis la lèvre, mal à l'aise. Je n'avais pas envie de lui dire. Enfin si, je le voulais, mais je ne voulais pas qu'il voit dans quel endroit je vivais, ni comment je vivais. Regardant vers le cabinet, je vis que nous étions encore beaucoup trop proches de ses collègues pour prendre le moindre risque d'une nouvelle dispute. Il aurait de trop graves problèmes s'ils comprenaient qu'il leur avait menti pour m'emmener loin d'ici. « Viens, c'est par là », dis-je en lui indiquant la route et en commençant à marcher.

Je tournais au coin de la rue et une fois certaine d'être assez loin de toute l'agitation, je me tournais vers lui en lui souriant doucement. « Je n'habite pas très loin d'ici, c'est bon. Je peux me débrouiller toute seule », dis-je en entremêlant mes doigts aux siens. « Merci pour tout, Emrys. Vraiment. Tu as mérité d'aller te reposer un peu. » J'hésitais une seconde, avant de jouer un peu avec ses doigts et d'ajouter. « Est-ce que tu veux... boire un café ? Ou un verre ? Il y a un petit bar assez sympa là-bas et on pourrait... » J'inspirais un bon coup, lâchant sa main et glissant mes doigts dans les poches arrières de mon jean, reculant d'un pas pour mettre une distance respectable entre nous. « Je pourrais te payer quelque-chose. C'est ce que les amis font pour remercier un ami de son aide, non ? » Il voulait que nous soyons amis, après tout et j'avais déjà convenu que je n'aurais jamais le cœur à le lui refuser, alors... autant esquiver l'appartement en le guidant vers le chemin de l'amitié et le temps que je pouvais lui accorder en ce nom.

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No matter what they say. No matter what this life is. You are my best friend, my sister, my soulmates. It's always been you and me against the world, against the death... the life. My problem is you are just like him. I can let you go, but it's so hard to see him in your eyes, in your smile,... But it's doesn't matter. No matter what this life is. It's always been you and me against the world...
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MessageSujet: Re: ft 'Rhys ⊰ I can't breathe... Sam 21 Mar - 18:18



❝I can't breathe...❞
Pepper & Emrys
Ses arguments étaient toujours les mêmes. J’avais bien compris que c’était mon travail qui la dérangeait. Elle ne veut pas vivre dans l’angoisse d’attendre mon retour après une simple journée de travail. Avant, j’avais beau lui répéter qu’il ne m’arriverait jamais rien pour la rassurer, elle ne pouvait s’empêcher de s’angoisser. Je peux bien comprendre que ce n’était pas agréable de vivre dans la peur et dans le stress, mais c’est mon métier, on est assez protégés pour risquer nos vies. Les accidents ça arrive, je suis d’accord, mais en règle générale on est en sécurité. Enfin, je l’étais beaucoup plus avant qu’aujourd’hui. Quand on était encore ensemble, je faisais bien attention, évaluant chaque risque et prenant garde à tout. Je lui promettais de revenir entier chaque soir alors je me devais de tenir cette promesse. Il ne me serait jamais rien arrivé. Je faisais beaucoup trop attention pour ça. Mais à présent, tout a changé. Je ne fais plus de promesse à qui que ce soit, personne ne m’attend à la maison le soir. Que je revienne entier ou non n’inquiétera personne, tout le monde mène sa petite vie tranquille de son côté. Alors depuis que je suis seul, je prends beaucoup plus de risques inconsidérés. Je suis beaucoup moins réfléchi et j’ai tendance à foncer tête baissée. Je n’ai plus rien à perdre. Mais ça, elle n’a pas l’air de le comprendre. C’était pour elle que je faisais attention avant, maintenant, je me fiche de rentrer ou non.

Mon travail me plait. Je n’irai pas jusqu’à dire que je l’aime. Disons que j’aime me rendre utile en sauvant des personnes en danger. Mais ce n’est pas de mon travail que je suis amoureux. Evidemment qu’il est devenu toute ma vie, puisqu’il représente tout ce qu’il me reste. Je n’ai plus rien d’autre. Je lui ai déjà fait comprendre et ça m’agace de devoir me répéter. Certes, il avait été une vocation depuis longtemps, parce que j’ai toujours aimé aider les autres. Mais si j’avais su qu’il détruirait mon couple, à savoir la chose la plus importante de ma vie, j’aurais trouvé un autre travail. Je ne voulais même pas répondre à ses paroles. A quoi bon ? Elle est focalisée sur son idée et rien n’y personne ne pourrait lui faire changer sa vision des choses. C’est inutile de gaspiller son temps et son énergie pour une cause perdue. Surtout que je n’ai plus énormément d’énergie en stock, entre le manque de sommeil, mes insomnies et ce que je viens d’endurer, je suis vidé. Je vais avoir besoin d’un café rapidement.

Après maintes péripéties et contretemps fâcheux, nous étions enfin à l’écart. Je n’avais pas réellement réfléchi lorsque j’avais présenté Pepper comme étant ma fiancée. J’avais senti sa réaction, mais je devais rester concentré. Je ne parle pas de ma vie privée au travail, alors personne ne connait ma réelle situation, à part Christopher et quelques autres, mais ils n’étaient pas là. Il avait fallu que je trouve une raison valable pour qu’Aaron me laisse partir. Il fallait obligatoirement que je la connaisse. Puis, je suis tellement perdu que je ne saurais pas définir notre relation au jour d’aujourd’hui. C’est vrai quoi, qu’est-ce qu’on est exactement ? Alors, ma fiancée semblait être la meilleure option, surtout qu’elle aurait dû l’être si tout s’était bien passé. Si tout s’était déroulé comme je l’avais prévu, on serait réellement fiancés à l’heure qu’il est. Je me souviens qu’à l’époque, j’avais déjà repéré la bague à la boutique… Alors depuis qu’on n’est plus ensemble, j’évite soigneusement de passer devant cette bijouterie parce que c’est beaucoup trop douloureux.

J’avais réagi un peu trop impulsivement contre mon collègue. J’en avais conscience. Après coup du moins. Parce qu’au moment où je me suis jeté sur lui, je ne pensais plus à rien. Cependant, en marchant loin de tout ça, je réalisai que mon geste ne serait pas sans conséquence. Il allait se plaindre, c’était évident. Et je me ferai convoquer dans le bureau de mon chef dès demain pour des explications. Mais là n’était pas mon problème. Chaque chose en son temps, et pour le moment je dois m’occuper de Pepper et savoir où elle vit. Je lui avais posé la question mais elle tarda à me répondre, préférant se mordre la lèvre. Et bien alors ? Dis-moi où tu vis ? Je la connaissais trop bien, elle semblait embarrassée. Pourquoi ? Est-ce qu’elle a peur que je vienne la harceler chez elle tous les jours par la suite ? Ce n’est pas mon genre… J’attendais, commençant à froncer les sourcils sous mon impatience. Qu’est-ce qu’elle attend pour me le dire ? Et enfin elle se décida. Ah ben quand même. Elle m’indiqua une direction et je reprenais la route, ma main toujours dans la sienne.

Je pensais qu’elle m’emmenait chez elle mais après avoir fait quelques pas, elle se stoppa pour me faire face. Quoi encore ? Elle me souriait, mais je n’avais pas un bon pressentiment. Quelque chose me dit que je ne vais pas apprécier ce qu’elle va me dire. Je la regardais, méfiant et perplexe alors qu’elle s’amusait avec nos doigts. Elle affirma qu’elle n’habitait pas loin d’ici et qu’elle pouvait se débrouiller seule à présent. Je le savais que ça n’allait pas me plaire. Je fronçais les sourcils et pris ma respiration pour soupirer. J’allais lui répondre mais elle fut plus rapide. Elle me remercia et à son tour m’intima d’aller me reposer. Bon sang, ils se sont tous ligués contre moi c’est ça ? Je me mordais les joues parce que je ne voulais pas me disputer avec elle, pas après avoir menti à mes collègues. Mais ma colère naissante – ou renaissante – disparut en un éclair alors qu’elle me proposait d’aller boire un café ou un verre. Oh… Sérieusement ? Mon expression avait littéralement changé, passant de l’agacement à la surprise en une fraction de seconde. Ça alors… Boire un café me ferait le plus grand bien si je ne veux pas tomber d’épuisement d’ici une heure ou deux. Elle me lâcha et fit un pas en arrière pour s’éloigner de moi. Pas trop loin s’il te plait. Elle ajouta enfin qu’elle pouvait me payer quelque chose pour me remercier parce que c’est ce que font les amis. J’eus un léger sourire en l’entendant parler d’amitié. Ça veut dire qu’elle a donc accepté ma requête ? On pourra donc se revoir de temps en temps. Ça me fait plaisir. Je fis tout de même un pas vers elle.

« Avant tout, sache que je vais te raccompagner chez toi, que ça te plaise ou non. Je t’ai dit que j’allais te ramener et je me suis engagé auprès de mes collègues. Alors je le ferai. S’il t’arrive la moindre chose sur le chemin du retour j’en serai responsable. Alors tu ne discutes pas sur ce point. »


Si je la laisse rentrer seule et qu’elle se blesse ou s’il lui arrive quoi que ce soit qui nécessite de nouveau l’intervention des pompiers je vais avoir de gros problèmes, parce que j’étais censé la raccompagner chez elle. Je n’ai pas le droit de la laisser tant qu’elle n’est pas chez elle. Donc, ce n’est pas négociable.

« Quant au fait que je mérite du repos, ne t’y mets pas non plus s’il te plait. Je suis le seul à savoir de quoi j’ai besoin. »

Et je n’ai certainement pas envie de me tenir éloigné d’elle pour aller dormir. Certainement pas. Là, j’ai besoin d’un café pour me redonner un peu d’énergie. Et j’ai besoin d’elle, encore un peu.

« Et je veux bien un café. Merci. »


J’aurais pu rajouter qu’elle n’avait pas besoin de me remercier parce que je n’ai fait que mon travail, mais je préférais éviter ce sujet, source de malentendu entre nous. Et puis de toute façon, même si j’avais voulu payer, je n’aurais pas pu. Toutes mes affaires sont à la caserne, j’ai toujours ma tenue de pompier alors je n’ai aucun effet personnel sur moi.

« On y va ? »

Je me mettais en route pour marcher à côté d’elle jusqu’à son bar. Est-ce que c’est le bar où je vais de temps en temps pour y boire toute la nuit ? Si c’est le cas, peu importe. Et puis, il y a plein de bars en ville, je crois même que je les ai tous essayés… C’est possible, je ne sais plus. Quand je n’ai plus rien à boire chez moi et que je n’ai pas le courage d’aller en course, je vais dans un bar. Tous les barmans vont me connaitre à force… Enfin, on tient le coup comme on peut.

« Il faudrait aussi que … je récupère mon sac. »

Je l’avais oublié quand j’étais venu dans son café la dernière fois. Et depuis, je n’ai pas eu le temps – ni le courage – de revenir le chercher. Je suppose qu’elle l’a toujours parce qu’elle ne l’a pas déposé chez ma sœur, sinon Jay me l’aurait dit. Alors elle doit l’avoir stocké quelque part. Ce serait bien que je le récupère parce que ça m’oblige à utiliser les affaires de mes collègues. A moins que l’un de ses clients ne soit reparti avec…

« Enfin, si c’est toi qui l’as. »


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MessageSujet: Re: ft 'Rhys ⊰ I can't breathe... Lun 23 Mar - 21:53


   
Emrys & me
   
   
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Je ne pouvais pas le ramener chez moi. Non, c'était impossible. Il ne pouvait pas entrer dans mon appartement. C'était MON appartement, mon lieu à moi, mon sanctuaire. Il ne pouvait pas y entrer, y laisser sa marque, son odeur... J'avais déjà bien trop de mal à le laisser à l'extérieur de mon appartement, je ne pouvais pas l'y laisser entrer physiquement. Je ne voulais pas lui montrer dans quoi je vivais. Je ne voulais pas lui montrer que j'avais un appartement minuscule parce que je n'avais aucune vie et que je réduisais l'utilité de l'endroit à son strict minimum. Je ne voulais pas lui montrer qu'il était là, présent chaque jour autour de moi, par les photos de lui ou de nous qu'on trouvait sur les murs ou les meubles. Je n'étais pas obsessionnelle, je n'avais pas mis des photos de lui partout dans l'appartement, mais il y en avait quand même quelques-unes, à des endroits plus que stratégiques pour moi. Il y avait cette photo de nous, quand nous étions plus jeunes, sur la table de chevet dans ma chambre. Cette photo prise à la fête foraine, juste après qu'il m'ait offert l'une des bague en plastique de la boule attrapée à la machine à pinces de l'arnaque. Il y avait cette photo de lui sur le réfrigérateur, prise à la plage l'été avant nos drames, alors qu'il avait les yeux perdus dans le lointain de l'océan. Nous avions parlé d'enfants ce soir-là, de nos enfants, il m'avait fait la promesse de m'en faire un dans les deux ans à venir, j'avais ri en lui disant que ça n'était peut-être pas le bon moment, que mon entreprise prenait à peine son essor, qu'il fallait peut-être attendre un peu d'avoir quelques économies. Il m'avait contré d'un baiser, me disant que nous aurions toujours assez, que nous avions le principal, notre amour et j'avais réalisé que cette fois, il était vraiment prêt. Que très prochainement, nous allions fonder cette famille dont nous avions toujours rêvés. Je lui avais fait l'amour avec application cette nuit-là, heureuse comme jamais de l'avenir qui se profilait pour nous. Quelques mois après, notre bonheur avait été entaché par la mort de son père, pour ensuite être totalement détruit par celle de ma mère et de mon frère. Et bien sûr, il y avait cette photo de nous tous, Maman, Dan, Jayl, les pères Snow-White, Rhys et moi dans ses bras. Heureux, souriants, totalement inconscient de ce que nous allions vivre ensuite. Complètement inconscient que quelques années plus tard, trois des piliers de cette photographie ne seraient plus là et que les autres n'auraient plus du tout le cœur à sourire. Non, je ne pouvais pas le ramener chez moi et lui montrer ça, l'absence de vie, les placards et le réfrigérateur vide. Je ne pouvais pas lui montrer que ma vie n'était plus qu'une survie, depuis qu'il n'était plus là pour y faire sens.

Je proposais donc un café ou un verre ou n'importe quoi d'autres plutôt, consciente que si je ne pouvais l'emmener chez moi, je n'étais pas prête à le laisser partir et à retourner à ma petite vie insignifiante. Je voulais encore lui parler, je voulais encore le sentir près de moi. J'avais encore trop besoin de lui. J'espérais juste qu'il puisse comprendre que ça ne serait que de l'amitié. Que je ne pouvais pas retourner avec lui. Je l'aimais. Oh oui, je l'aimais. Tellement plus encore qu'avant cette séparation douloureuse. Mais ça, il ne devait pas le savoir. Il ne devait pas comprendre que je l'aimais toujours plus que ma propre vie.

Emrys m'assura qu'il me ramènerait chez moi quoi que j'en pense, qu'il s'y était engagé et qu'il s'en voudrait toujours s'il m'arrivait quelque-chose alors qu'il était censé me raccompagner. Il m'obligea à ne pas discuter de cela et je pinçais les lèvres pour me retenir de tout commentaire. Il ajouta que pour ce qui était du sommeil et pour ce dont il avait besoin, il était le seul à savoir ce dont il avait besoin et cette fois-ci, il me fallut carrément me mordre la joue pour ne pas répliquer. Non, il ne savait pas. Il ne l'avait jamais su. Il prenait soin des autres, encore et toujours, mais jamais de lui. Combien de fois avait-il fallu que je l'oblige à aller au lit quand il étudiait. Combien de fois avait-il fallu que je le sorte de ses pensées pour manger après une journée particulièrement difficile ? Combien de fois lui avais-je couru après avec une assiette ou un verre lors d'un événement, pour qu'il se nourrisse aussi, alors qu'il s'assurait que tout le monde avait tout ce qu'il lui fallait. Ça n'était pas pour rien qu'il était pompier. L'abandon de soi pour le bien des autres était dans sa nature. Comment pouvais-je décemment l'en écarter parce que je ne supportais plus les dangers qu'il y courrait ?

Il finit par me dire qu'il acceptait la proposition pour le café et prit la direction pour le bar, sans même avoir besoin de me demander où il se trouvait, m'intimant d'y aller. Je lui emboîtais le pas en hochant la tête, prenant la seconde durant laquelle j'étais derrière lui pour l'admirer un peu. Sa tenue de travail avait toujours eu ce petit effet sur moi. Celui-là même qu'il avait sur toutes les filles, apparemment. Combien de fois avais-je vu des femmes se retourner sur son passage, bavant comme des grenouilles devant le sexy pompier qui m'accompagnait. J'avais toujours détesté le regard des autres filles sur lui, surtout au début. Comment pouvait-il ne regarder que moi quand toutes ses filles - certaines si belles - ne demandaient qu'un moment avec lui pour le détourner de moi. Personnellement, j'avais toujours précisé que c'était surtout l'homme à l'intérieur de l'uniforme qui me faisait de l'effet, mais il est vrai que le T-shirt noir près du corps et le pantalon en matière non inflammable avait son petit côté « sauveur de l'humanité sexy » qui ne pouvait décemment pas laisser indifférente quand c'était lui qui le portait.

Puis soudain, comme venue de nulle part, comme en écho à ses pensées sur son métier et son matériel de travail, Emrys rappela qu'il fallait qu'il récupère son sac. Je me m'y à rougir alors qu'il précisait que cela était - bien évidemment - dans le cas où je l'avais. Je me mordis la lèvre, un peu mal à l'aise, avant de hocher la tête. « heu... oui... oui, c'est moi qui l'ai... Je suis désolée Rhys, je voulais le donner à Jay pour qu'elle te le fasse passer et... après le rendez-vous avec le chef des pompiers, il a fallu que je répare le système anti-incendie de l'arrière salle et j'ai eu un soucis avec un fournisseur et pour combler le tout, le percolateur m'a définitivement lâchée et... » Raconter ma vie... Non mais quelle idée. Comme si ça pouvait encore l'intéresser les détails de mes problèmes de boulot. Les couples s'intéressaient au travail de leur moitié. Pas les ex... Pas les ex dans notre genre, qui avaient déjà tout le mal du monde à parler sans finir par crier et pleurer. « Enfin bref, j'ai eu pas mal de choses à régler et je n'ai vu Jayleen qu'en coup de vent ses derniers temps et je n'ai pas eu le temps, ni la pensée de lui ramener ton sac je... Je te le rends tout à l'heure. Il est à la maison. »

Regardant mes pieds et le goudron sur lequel je marchais, faisant tout pour éviter le regard d'Emrys, je fonçais presque pour passer devant lui et ouvrait la porte du bar pour entrer, avant de lui tenir la porte pour qu'il me suive. Je trouvais rapidement une petite table tranquille, à l'écart dans un coin et en prit la direction en offrant un petit « Bonjour » à la personne derrière le comptoir. Je buguais un petit peu une fois à la table pour savoir quelle chaise choisir, proposant à Emrys l'une ou l'autre du doigt, avant de finalement opté pour celle qui se trouvait le plus dans le coin. « Toujours un café ou autre chose ? », lui demandais-je avant qu'un serveur ne vienne nous demander ce que nous voulions consommer, jouant nerveusement avec le coin d'une carte laissée là.

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MessageSujet: Re: ft 'Rhys ⊰ I can't breathe... Ven 27 Mar - 22:34



❝I can't breathe...❞
Pepper & Emrys
Elle voulait qu’on aille boire un café, ou un verre, tous les deux. Comme des amis. Ça signifie qu’elle a accepté ma proposition. On était amis avant tout ça. Avant que tout ne s’accélère entre nous. On a toujours plus ou moins flirté ensemble, bien avant qu’on ne se rende compte qu’on éprouvait des sentiments l’un pour l’autre. Alors au final, qu’est-ce que ça veut dire être ami ? Je conçois le concept d’amitié, j’ai quelques amis quand même. Mais avec Pepper, ça a toujours été différent. On ne sortait pas encore ensemble qu’on se prenait déjà dans nos bras. On a toujours eu des gestes qui dépassaient l’amitié, depuis toujours. J’ai proposé qu’on reste amis, pour pouvoir garder contact avec elle, pour éviter qu’elle ne disparaisse de nouveau de ma vie, parce que je ne pourrais pas le supporter. Pas après ce qu’il vient de se passer. J’ai vraiment besoin d’elle dans ma vie. De quelque manière que ce soit et tout ce que j’ai trouvé c’est l’amitié. Quoi d’autre ? Elle ne veut pas plus. C’est juste qu’en y réfléchissant, ce sera peut-être plus difficile que prévu. Qu’est-ce qui sera toléré et qu’est-ce qui ne le sera pas ? Je suppose qu’il va falloir que je me comporte comme avec n’importe qui d’autre. Sans contact physique d’aucune sorte. Ce sera difficile, je le sais. Mais c’est mieux que rien.

Je suis d’accord pour aller prendre un café dans un bar avec elle – le verre c’est une mauvaise idée, j’ai déjà pris rendez-vous avec ma bouteille ce soir – comme ça, je pourrais passer encore un peu plus de temps avec elle. Je n’ai pas envie que ce moment se termine. Je ne veux pas la quitter, je ne veux pas la laisser. J’aimerais tellement revenir en arrière pour changer le cours des choses, faire un autre choix de carrière… On serait sans doute encore ensemble si j’avais choisi autre chose. Mais on ne fait pas toujours ce qu’on veut n’est-ce pas ? Ce serait trop beau. Enfin dans tous les cas, j’avais insisté pour la raccompagner chez elle, qu’elle le veuille ou non, parce que je suis responsable de sa sécurité. Et surtout parce qu’après ce qu’elle vient de subir, je ne veux pas la laisser seule en pleine rue. Je ne serai tranquille que lorsque que j’aurais la garantie qu’elle serait en sécurité chez elle. Quant au fait de savoir ce dont j’ai besoin ou non, je suis le seul juge. Tant que je ne ressens pas de nausées ou de vertiges, c’est que tout va bien. Je sais me gérer. Et là, j’ai besoin de caféine. Rapidement. On verra cette nuit pour le repos. Ça ne sert à rien de rester assis ou allongé quelque part pour soi-disant se reposer. Ça ne me fera aucun bien, au contraire, ça ne va m’attirer que des idées noires alors non. Je ne me repose pas, jamais. A quoi bon me faire du mal inutilement alors que je peux m’occuper l’esprit à faire autre chose ?

Je pris aussitôt la direction du bar le plus proche, je suppose que c’est là-bas qu’elle veut aller. Je crois que je connais tous les bars de la ville, quasiment. J’ai dû presque tous les essayer au moins une fois. Je deviens un client régulier. C’est malheureux, mais l’alcool est la seule alternative que j’ai trouvé qui fonctionne un minimum pour calmer mes états d’âme. Ça me permet d’oublier un peu et de me détendre un minimum. Et puis, ça m’aide à dormir parce que je n’arrive plus à trouver le sommeil de moi-même depuis bien trop longtemps. La journée, je carbure à la caféine et le soir à l’alcool. Merveilleux. Voilà à quoi j’en suis réduit. Heureusement qu’il me reste encore mon travail pour garder la tête haute, pour ne pas sombrer totalement. C’est littéralement mon job qui me maintient la tête hors de l’eau. Il me permet de penser à autre chose qu’à mon triste sort, il me permet de me rendre utile. D’ailleurs en parlant de ça, je lui avais rappelé que je devais récupérer mon sac. A supposé que c’est elle qui l’avait. Parce qu’en attendant, je dois emprunter les affaires de mes collègues et ce n’est pas super pratique. Surtout que mon boss me harcèle presque chaque jour avec ça.

Elle ne répondit pas tout de suite alors je pivotais ma tête dans sa direction pour la regarder. Oh. Pourquoi était-elle toute rouge ? Qu’est-ce que j’ai dit ? Je parle juste de mon sac. Est-ce que c’est ça qui la met mal à l’aise ? Pour quelle raison ? Elle me confirma que c’était bien elle qui l’avait et je ne pus m’empêcher de hausser les sourcils devant son comportement pour le moins troublant. C’est assez surprenant de la voir comme ça. Et pourquoi éprouve-t-elle le besoin de se justifier ? Pourquoi se trouve-t-elle des excuses ? Je suis content d’apprendre qu’elle voulait le donner à ma sœur mais qu’elle a eu des soucis divers avec son café mais… Est-ce que j’ai vraiment besoin de le savoir ? Je veux dire, ce n’est pas grave si elle n’a pas eu le temps de me le rendre. Surtout que ce jour-là, je n’ai pas fait mon travail correctement, j’aurais pu éviter l’intervention de mon chef et tout le bazar qu’elle a rencontré par la suite… je baissais la tête un instant, pensif. C’est ma faute tout ça.

Elle rajouta qu’elle s’est retrouvée confrontée à pas mal de problèmes à résoudre et qu’elle n’avait pas eu le temps de le ramener chez ma sœur. Ce n’est pas un drame, vraiment. Apparemment mon sac est chez elle. Bien, je le récupérerai après l’avoir raccompagnée dans ce cas. Je relevais la tête pour la regarder de nouveau.

« Tu n’as pas besoin de te justifier. Tu n’as pas eu le temps, ce n’est pas grave. J’aurais pu aussi venir le chercher directement, mais… »

Je me tus. Incapable de finir ma phrase. Il m’était juste impossible de remettre les pieds dans son café après la discussion pour le moins douloureuse qu’on avait eu. Je poussai un profond soupir avant de passer une main derrière ma nuque, pas forcément à l’aise – pas du tout même.

« Je suis désolé que tu aies rencontré tous ces problèmes dans ton café, je n’ai pas fait mon boulot alors du coup, ça a eu des mauvaises répercussions… »

Pour tout le monde. Pour elle d’abord, pour mon chef qui a dû se déplacer, et pour moi. D’un part parce que j’ai oublié mon sac du travail, mais aussi parce que je me suis fait engueulé. Ce qui est compréhensible. J’ai merdé, je dois assumer. Et aujourd’hui encore, j’ai merdé. J’ai failli frapper un collègue, je me suis littéralement jeté sur lui… Je cumule les boulettes ces derniers temps… ça craint. Enfin bon, je ne veux pas penser à ça pour le moment. Je verrai bien demain de toute façon, quand mon chef me convoquera parce que l’autre se sera plaint. Bref. Arrivant devant le bar, Pepper me devança pour entrer la première. Je la laissais faire, entrant à sa suite. Je jetais un œil autour de moi, et effectivement, je reconnaissais ce bar, j’y étais déjà venu, plusieurs fois même. Elle semblait avoir trouvé une table alors je la suivais sans un mot, me contentant d’adresser un signe de tête à la personne derrière le comptoir pour la saluer. La table qu’elle avait sélectionnée était un peu à l’écart, dans un coin. Tant mieux. Arrivés devant la table, elle hésita. Ce n’est qu’une place Pepper. Elle me montrait les deux du doigt pour me laisser choisir. Mais je me fichais bien de l’endroit où j’allais m’asseoir, alors je haussais simplement les épaules. Qu’elle choisisse celle qu’elle veut, peu importe. Elle s’installa finalement sur l’une des chaises, je m’asseyais sur l’autre, en face d’elle.

Je posais mes mains devant moi sur la table et croisais mes doigts. Bien et maintenant ? Elle me demanda si je voulais toujours un café ou si j’avais changé d’avis entre temps. Mais je n’eus pas le temps de répondre qu’un serveur venait déjà à notre rencontre. Il regardait son carnet en nous demandant ce qu’on voulait boire. Il releva ensuite la tête, nous regardant alternativement. Lorsqu’il jeta un œil dans ma direction, un sourire apparut sur mon visage. Je suppose qu’il m’avait reconnu.

« Oh, comme d’habitude Monsieur Snow ? »

Effectivement. Il n’y avait pas de doute là-dessus. Je n’avais pas vraiment envie de boire un whisky en pleine après-midi. Ce n’est pas trop le moment là. Je lui adressais un sourire également, mais bien moins chaleureux que le sien.

« Euh … non. Un café s’il vous plait. Le plus fort que vous avez. Merci. »

Un café bien corsé pour que je puisse tenir jusqu’au prochain et que je recharge mes batteries. Elles sont presque à plat.

« Bien Monsieur. » Il nota ma commande sur son calepin avant de se tourner vers Pepper. « Et vous Madame ? »

Madame… A l’heure qu’il est, oui elle aurait pu être Madame Snow, dans d’autres circonstances sans doute, dans un autre contexte, dans une autre vie. Une fois nos deux commandes prises, il s’éclipsa. Bien, à présent trouvons un sujet de conversation banal. Pas quelque chose qui pourrait blesser l’un ou l’autre, comme de vrais amis. Réfléchissons…

« Et sinon, ça va ton café ? Ça marche bien ? Tu t'en sors? »

Il me semblait qu’il y avait pas mal de monde la dernière fois que j’y suis allé. Cette dernière fois où j’ai lamentablement échoué dans mon boulot.


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MessageSujet: Re: ft 'Rhys ⊰ I can't breathe... Jeu 2 Avr - 23:44


   
Emrys & me
   
   
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Être amis... Dieu, je ne voulais pas être amie avec Emrys Snow. J'avais déjà donné, déjà essayé et j'avais échoué lamentablement. Pourquoi ? Parce que je l'aimais, par-delà toute raison et tout logique, depuis que j'avais été en âge d'aimer... Depuis avant même de réaliser ce que voulait dire « être amoureuse ». Il n'avait certes pas été mon premier petit copain, mais il avait été mon premier amour et mon unique amour, ma première fois, la première et unique personne avec qui j'avais habité quand j'avais quitté la maison familiale... Il avait si longtemps été mon tout et la logique avait tellement voulu qu'il soit toujours plus qu'un ami. J'avais essayé à l'époque de l'enfance, quand lui devenait un homme s'intéressant aux filles et que j'étais passé au second ou troisième plan, mais j'en avais été incapable. J'avais été folle de jalousie, j'avais été exécrable. J'avais été tout ce qu'une amie n'était pas, parce que je ne pouvais être son amie que lorsque j'étais aussi son amante. Parce que je n'étais pas capable d'être une amie pouvant se réjouir qu'il trouve le bonheur dans les bras d'une autre. Il voulait que nous soyons amis et je ne pouvais pas le lui refuser parce que je n'avais honnêtement plus aucune envie de le voir sortir de ma vie... mais j'ignorais totalement comment n'être que cela...

Il allait bien falloir, pourtant...

Emrys m'assura que je n'avais pas à justifier le pourquoi du comment j'avais toujours son sac dans mon appartement, arguant qu'il aurait aussi due venir lui-même le rechercher, après tout. Il voulut expliquer cette omission, mais se stoppa au « mais... », mais laissant dans le flou, incapable de connaître la raison faisant qu'il n'était pas revenu plus tard pour le reprendre... ou plutôt, me laissant assez bien imaginer pourquoi. J'étais responsable. C'était ma faute. Je l'avais fait souffrir et il n'avait pas voulu s'infliger cela, une fois de plus... voilà tout.

Il m'assura ensuite être désolé que j'ai eu tous ces problèmes au café, mais je secouais la tête. « Ça n'est pas ta faute, Rhys. C'est mon établissement, c'est à moi de m'assurer que tout fonctionne. De toute façon, j'ai toujours eu tendance à trop compter sur toi pour le système incendie quand... avant... », soufflais-je en baissant les yeux. Ça faisait mal, de penser à avant. Ça faisait mal chaque jour, d'être là, dans ce café, mon si grand bébé, quand chaque endroit, chaque pièce, chaque élément me rappelait douloureusement son absence. C'était lui qui m'avait aidé, avec plus ou moins de sérieux, à peindre la plupart des murs, à installer la plupart du matériel. C'était lui qui avait installé et s'assurait régulièrement de l'état de marche du système anti-incendie depuis que j'avais acheté les locaux. J'avais trop compté sur lui, depuis le début, oubliant qu'il n'était plus là. Que les nombreuses fois où nous avions fait l'amour, dans mon bureau, ou ailleurs, à m'en faire rougir, n'étaient plus que des souvenirs. De délicieux souvenirs que je chérissais plus que tout, mais qui resteraient à jamais dans notre passé. « J'aurais due m'en préoccuper avant. Et pour le reste... ce sont les aléas du métier. Je dois faire avec. » Je lui offris un sourire, aussi sincère que possible, voulant à tout prix le rassurer. C'était de ma faute, pas la sienne. Comment lui reprocher d'avoir eu envie de fuir quand je lui avais dit que notre amour appartenait au passé ? J'aurais agi bien plus durement si les rôles avaient été inversés et cela m'aurait tué...

Un serveur vint nous interrompre, nous demandant ce que nous voulions boire, avant de reconnaître Emrys. Il lui demanda s'il voulait la même chose que d'habitude, l'appelant même pas son nom de famille, mais Emrys lui demanda plutôt un café fort. « La même chose », demandais-je au serveur lorsqu'ils se tournèrent tous les deux vers moi pour attendre ma commande. L'homme repartit vers le bar et je reposais mes yeux sur Emrys. J'avais envie de savoir. Je me demandais, curieuse, ce qu'il pouvait prendre d'habitude et à quelle fréquence il venait ici pour que le serveur le connaisse et connaisse ses habitudes de commandes - qui n'étaient apparemment pas à base de café -, mais je me tus, sachant que je n'avais pas à demander. Pas moi. Il me demanda comment allait mon café et je lui souris à nouveau doucement, hochant la tête. « Ça se passe bien. Très bien, même. J'ai presque doublé mes recettes depuis un an, mais au niveau finances réelles, j'en suis à peu près au même point. J'ai beaucoup fait évoluer la vitrine alimentaire et on a aussi due construire un plus grand espace librairie parce qu'on avait beaucoup de demandes au niveau de certains livres. Si tu veux... Si tu veux venir voir par toi-même un jour, n'hésites pas. C'est la maison qui offre. » Je me voyais tellement peu le faire payer. Lui comme Jay... J'avais toujours eu un mal fou à leur donner la note, même lorsqu'ils l'avaient exigé. J'adorais leur offrir des choses, les utiliser comme des cobayes pour les nouvelles recettes et m'asseoir avec eux pour boire un café et manger un bout. Leur faire payer dans ses conditions n'aurait pas été juste et comme on avait toujours dit chez nous : on ne fait pas payer la famille.

Je voulais lui retourner la question. Sincèrement. Je voulais vraiment savoir comment cela allait pour lui. Mais lui demander comment se passait le travail revenait inévitablement à penser, voir parler, des risques qu'il prenait quotidiennement. Et ça je n'étais pas prête à en parler. J'avais trop peur qu'un jour Jayleen m'appelle pour me dire qu'il lui était arrivé quelque-chose.

« Tu connais bien cet endroit, apparemment », dis-je finalement, m'étonnant moi-même d'aller sur ce terrain plutôt que sur celui du travail. « Je n'y suis jamais venu, en fait... même si j'habite à une rue d'ici... », avouais-je, ne sachant même pas quoi dire. Cette conversation était si maladroite, si peu naturelle. A croire que notre facilité de communication s'était enfuit avec le bonheur de notre relation. Combien de nuits blanches avions nous passées, à parler et à nous câliner ? Combien d'heures à refaire le monde encore et encore ou à juste dire tout et n'importe quoi pour le seul plaisir de continuer d'entendre la voix de l'autre ? Il me manquait tant...

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MessageSujet: Re: ft 'Rhys ⊰ I can't breathe... Lun 6 Avr - 0:02



❝I can't breathe...❞
Pepper & Emrys
La dernière fois que je suis venu dans son café, j’aurais dû faire mon travail jusqu’au bout au lieu de me laisser aveugler par mes émotions. J’aurais dû vérifier son système anti-incendie, j’aurais dû contrôler tous ses appareils. J’ai clairement commis une faute professionnelle et c’est inacceptable. A cause de moi, mon boss a perdu son temps, tout comme Pepper. On n’aurait pas dû aborder ce sujet épineux et faire comme si de rien n’était. Ouais, sauf que c’est facile à dire ça. En y réfléchissant, j’aurais été incapable de lui parler comme à une parfaite inconnue et faire mon travail correctement. Il n’est pas possible de la considérer comme une personne lambda, parce qu’elle ne l’est pas et ne le sera jamais. On se connait depuis tout petit, on a traversé beaucoup d’épreuves ensemble, on envisageait même de fonder une famille. Je ne peux clairement pas la traiter comme une inconnue. C’est impossible. Et quand bien même, je ne le souhaite pas. Elle est beaucoup trop importante pour moi. J’ai réellement besoin d’elle. Sans elle ma vie est un enfer. Alors même si c’est difficile et non naturel, je vais me comporter comme un simple ami. C’est toujours mieux que de la perdre de vue indéfiniment encore une fois. Je ne le supporterais pas. Sa présence m’est vitale.

Je considérais que tous les problèmes qu’elle avait rencontrés avec son café, suite à ma venue étaient de ma faute, ce qu’elle réfuta immédiatement en secouant vivement la tête. C’est peut-être son établissement, elle en est certes la responsable, mais j’aurais dû faire mon boulot. Point barre. Elle me rappela qu’elle avait tendance à trop compter sur moi pour ce dispositif, avant. Oui, avant. Je me souviens que je vérifiais constamment tous les appareils et les dispositifs anti-feu de son café avant, quand on était encore ensemble et que la vie me paraissait bien moins morne que maintenant. A chaque fois que j’y mettais les pieds, c’était plus fort que moi, il fallait que je m’assure que tout fonctionne. Parce que j’avais trop peur qu’un jour on nous appelle parce que son établissement avait un problème ou que la gérante avait eu un accident. Je ne me le serais jamais pardonné étant donné le temps que j’y passais. Je me devais de tout faire pour qu’elle soit en sécurité. Enfin, à présent, je ne suis plus là pour tout contrôler, alors elle doit se débrouiller seule. Elle ajouta qu’elle aurait dû s’en préoccuper avant et que de toute façon, c’était les aléas du métier. Certes, mais bon… Elle avait beau dire ce qu’elle voulait, elle n’arriverait pas à me faire changer d’avis. Elle m’adressa un sourire, mais j’y répondais faiblement, pas vraiment convaincu. Ça restait de ma faute, fin de la discussion.

Elle commanda la même chose que moi, un café très corsé. Elle aussi a besoin d’énergie ? Personnellement, j’ai commencé à vraiment boire beaucoup de café depuis qu’elle est partie, pour palier à mon manque de sommeil flagrant et pour tenir la journée. Je les prenais le plus fort possible, mais ils agissaient de moins en moins longtemps. Il allait bientôt falloir que je trouve une autre solution ou que j’en boive encore plus. Ou alors que je prenne des cachets pour dormir, j’en sais rien. Bref. Je devais trouver un sujet de conversation après le départ du serveur, et ça s’avérait beaucoup plus difficile que prévu. On a pourtant l’habitude de parler de tout et de rien. Quand on était ensemble on discutait facilement de tout et de rien mais là, mon cerveau était vide de question. Alors je lui posais la question la plus banale du monde, comment se portait son café. Je voulais pourtant savoir tellement de choses sur elle, rattraper le temps perdu, mais là qu’elle se trouvait en face de moi, je ne trouvais rien à lui demander.

Apparemment sa petite affaire fonctionnait plutôt bien. Ses recettes ont même doublé. Elle a pu y amener des évolutions et des agrandissements, preuve que ça marche assez bien. Ça me fait plaisir pour elle alors si tout va bien de ce côté-là. Je me souviens à quel point elle était heureuse d’ouvrir son café. Elle s’y est tellement investie, c’est son petit trésor. Elle doit être fière d’en être arrivée là. Et je suis sincèrement content pour elle. Si elle se sent épanouie dans son travail c’est déjà une bonne chose. Elle me proposa même de passer de temps en temps m’assurant qu’elle m’y invitait. Remettre les pieds dans son café. J’avais longuement hésité depuis que j’y avais oublié mon sac. Mais ce serait différent cette fois, puisqu’elle m’incite elle-même à venir. « Merci, c’est gentil. Je viendrai alors, un de ces jours. » Si un jour, je passe devant, je m’y arrêterais peut-être. Mais ça m’embête de me faire offrir mes commandes. Ça lui fait perdre de l’argent… Je n’aime pas trop avoir un traitement de faveur et je me souviens que j’insistais toujours pour payer mes consommations, avant. Si je ne paye pas, peut-être que je pourrais lui rendre service en compensation ? « Je pourrais vérifier tes appareils, si je passe de temps en temps. Enfin, si tu veux. » J’avais l’habitude de le faire, et ça éviterait peut-être certains accidents. Et puis, ça ne me pose pas de problème et ce n’est pas long à tout vérifier. Ça me rassurerait également. « Ça ne me dérange pas, je t’assure. » Autant le préciser rapidement avant qu’elle n’émette la moindre objection.

J’aurais pu lui demander comment elle allait en règle générale et si jamais elle avait retrouvé quelqu’un entretemps. Mais je ne voulais pas connaitre la réponse. J’avais trop peur d’une réponse positive et si ce serait le cas, mon monde s’effondrerait. Je ne pouvais tout bonnement pas la voir ni l’imaginer avec un autre que moi. Impossible. Je crois que ça terminerait de m’achever. Et je ne m’en relèverais pas. Mais inutile de me faire du mal pour rien. Elle changea de conversation en rebondissant sur le fait que le serveur m’avait reconnu. Elle ajouta qu’elle ne le connaissait pas, elle, par contre alors qu’elle habitait tout près. Je suis venu souvent ici, et je ne l’ai jamais croisée. J’aurais pu tomber sur elle dans la rue en rentrant chez moi ou en arrivant ici, mais non. Jamais. « Oui, je connais bien. Enfin, j’y suis venu plusieurs fois. Que ce soit ici ou ailleurs, ils servent la même chose partout, tout dépend de l’endroit où je me trouve quand je décide de venir dans un bar. » Enfin, pas que je sois alcoolique hein. Du moins, je ne crois pas. C’est juste que ça me détend pour essayer de dormir. « Mais bon, je viens rarement en journée. » Ben non, la journée je travaille et c’est du café que je bois non stop. Quand vient le soir par contre… C’est une autre histoire. Bref, pourquoi je lui raconte ça ? En quoi ça l’intéresse que ma vie est tellement minable que je me tape tous les bars de la ville pour me saouler ? Elle doit s’en ficher.

Le serveur repointa le bout de son nez et nous déposa nos deux cafés sur la table, devant nous avec un sourire. Je le remerciais et il repartait déjà vers une autre table tout sourire. Bon, et maintenant ? Je ne savais plus quoi dire. J’avais beau réfléchir, c’était le vide total dans ma tête. Qu’est-ce que je pourrais lui demander ? De quoi on peut parler ? Réfléchis Emrys, réfléchis. Mais rien. Le néant. Alors, je baissais la tête vers mon café pour y tourner ma cuillère. Bon sang, pourquoi est-ce que je ne suis pas capable de trouver quoi dire ? Alors qu’on parlait si facilement avant… C’est déprimant. Lui parler de moi ne va pas forcément l’intéresser et de toute manière je n’ai rien à dire sur moi. Parler de son boulot, c’est fait. Je ne veux pas aborder sa vie sentimentale. Qu’est-ce qu’il reste ? « Ça me perturbe de ne pas savoir quoi dire. On parlait si facilement avant. » Et voilà que j’avais pensé tout haut. Mais ça me perturbe vraiment et je n’aime pas ça.

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MessageSujet: Re: ft 'Rhys ⊰ I can't breathe... Lun 13 Avr - 21:21


   
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My love is wasted. Sorry for this I never meant to be. Hurting ourselves. And I'm complicated. You won't get me out of trouble, understanding myself...
   
Cette situation était terrible. Absolument atroce. Comment pourrions-nous être amis quand être ainsi assise en face de lui me faisait si mal ? Nous le faisions avant, aller boire un café ensemble, juste pour discuter, mais ça n'avait jamais eu la saveur amer d'aujourd'hui. A l'époque, c'était plus simple. On commandait notre café, on parlait de tout et n'importe quoi ou on restait simplement là, dans un silence confortable - pas dérangeant comme aujourd'hui - mes doigts caressants les siens par-dessus la table alors qu'on se regardait dans le blanc des yeux, sans avoir besoin de prononcer le moindre mot pour se dire des choses romantiques ou torrides... Me retrouver de nouveau là, face à lui, ne me donnait qu'une seule et unique envie : prendre sa main, plonger mon regard dans le sien et me laisser porter par lui... mais je ne pouvais pas. Non. Je ne pouvais clairement pas avancer le moindre contact sous peine de nous faire encore plus mal... à tous les deux.

Alors, je devais m'en tenir au plan. Je devais accepter d'être son amie, passer le cap difficile des premières discussions et toujours m'assurer que si l'on parvenait à retrouver notre complicité d'entant, elle ne dégénère pas en une nouvelle relation amoureuse. Je devais le préserver de moi, autant que je devais me préserver du mal que sa perte pourrait me faire. C'était la seule chose que j'étais certaine de faire. Ça et mon entreprise était tout ce qu'il me restait. J'enfermais donc soigneusement mon cœur, le mettant en silencieux et posait mon regard sur Emrys, attendant qu'il parle, qu'il dise quelque-chose, qu'un sujet de conversation nous vienne. Sauf que rien ne venait. Rien ne venait et tout ce que j'avais envie de faire pour éloigner la gêne, c'était de toucher sa main...

J'étais sincère en lui proposant de passer un jour au café. Cet endroit manquait cruellement de sa présence. Au début, quand je l'avais quitté et qu'il n'était pas venu me chercher au café pour obtenir d'explication, j'avais cru le voir à chaque coin du bâtiment. Je le revoyais à demi-caché derrière la porte de la cuisine, m'observant en train de tout préparer, son éternel sourire en coin et son regard qui me faisait perdre toute raison et abandonner mes préparations pour lui faire l'amour dans mon bureau... ou à même le mur de la cuisine quand nous n'avions pas le temps de faire les quelques pas nécessaires. Je croyais souvent le voir à une table, dos à moi, lisant un livre dont il ne comprenait même pas le titre, juste pour me demander pourquoi, au juste, j'avais des livres si compliqués dans la bibliothèque de mon café. Je l'imaginais sans mal perché sur un escabeau, en train de vérifier pour la centième fois au moins le système anti-incendie, les sourcils rapprochés sous la concentration, les muscles saillants sous son T-shirt relevé par ses bras levés, laissant apparaître la peau de son bas ventre... Le pire avait toujours été mon bureau. Mon bureau où je passais des heures à travailler et lui tout autant d'heures à me regarder travailler. Ce bureau qui avait accueilli tant de fois nos caresses, nos promesses de mille tortures jouissives, nos étreintes passionnées... Peu à peu, sa présence partout dans l'établissement s'était dissipé, jusqu'à disparaître pour certaines pièces. Je ne le voyais presque plus assis à une table, je le voyais de moins en moins dans la cuisine,... Je luttais fermement pour garder nos précieux souvenirs de mon bureau. Alors, l'endroit avait besoin de le retrouver. Le café avait besoin d'être à nouveau imprégné de sa présence... J'en avais besoin. Qu'importe combien ça pouvait faire mal, tard le soir, quand plus aucun patron décent n'était encore assis à son bureau à travailler pour ne pas avoir à rentrer et à se retrouver dans un lit vide et froid.

Il accepta de venir un de ses jours, proposant en échange de vérifier mes appareils et je souris malgré moi doucement. Je ne le connaissais que trop bien. Je savais qu'il le proposait pour ne pas être redevable d'une consommation. Déjà à l'époque, il bataillait sans cesse pour payer ses consommations, même quand je l'invitais, précisant que de toute manière, l'argent lui reviendrait puisque nous vivions ensemble et que tous nos frais étaient pour nous deux, mais qu'en attendant, mon café avait besoin de chiffres sur ses comptes. « Ça me ferait très plaisir », assurais-je quand il m'assura que cela ne le dérangeait pas, comme s'il avait peur que je refuse la proposition. « J'aurais l'esprit bien plus tranquille avec ça en sachant que tu t'en occupes,... » ... mon amour. « ... Emrys. » Merde ! J'avais eu les mots sur le bout des lèvres, prêtes à passer ma bouche. Hurlant leur douce symphonie dans mon esprit, tant que les avais retenus dans ma bouche. J'avais manqué de les lui dire et je n'avais aucunement le droit de le faire... Je ne devais pas... Bordel... « Merci... » Heureusement, il ne remarqua rien et le silence gêné repris bientôt ses droits.

Finalement, je lui demandais s'il connaissait bien l'endroit, semblant visiblement connu et il me répondit que oui, il était plutôt un habitué, enfin un habitué des bars en fin de journée. Pas étonnant. Combien d'hommes célibataires allaient boire un verre à la sortie du travail ? N'était-ce pas un haut lieu pour faire des rencontres ? J'imaginais sans mal Emrys accoudé au bar, à boire un bon verre de whisky et une fille tout en taille de guêpes et longues jambes de mannequin s'asseoir à côté de lui, lui demandant ce qu'il faisait là, tout seul et comment il se faisait qu'aucune petite amie ne soit dans le champ de vision ? Je détestais royalement cette idée, mais que pouvais-je faire d'autre que de l'accepter ? Tout cela était ma faute. C'était moi qui avait ruiné notre histoire. Moi qui ne pouvait supporter de le voir mourir sous mes yeux. J'avais causé ça. Je devais lui donner droit à une autre vie, à un nouvel amour, même s'il m'avait dit, lors de notre dernière conversation - dispute serait un mot plus juste - qu'il ne pouvait imaginer refaire sa vie avec une autre. Cela ne faisait qu'un an. Qu'était une année dans une vie ? Il finirait par tourner la page, par se donner une vraie chance. Je voulais qu'il soit heureux. Je devais accepter qu'un jour, ça soit une autre qui le fasse sourire. Qu'un beau jour - ou morne jour pour moi - c'est une autre qu'il regarderait cuisiner avec envie. Que c'est une autre qui laisserait brûler un gâteau, parce qu'elle serait trop occupée à faire l'amour avec lui. Cette idée me donnait envie de hurler, mais c'était ce qu'il méritait.

Le serveur vint une nouvelle fois vers nous, posant nos consommations sur la table et Emrys le remercia, alors que je lui offrais un sourire pour le remercier. Puis il s'éclipsa de nouveau, nous laissant dans notre silence gêné. Silence qu'Emrys brisa enfin, pour simplement dire qu'il ne savait pas comment ne pas le laisser s'installer de nouveau. Tout comme moi, il avait conscience de la facilité avec laquelle nous parlions avant, mais qui n'était plus aussi simple maintenant, parce que les sujets abordés entre amis étaient des sujets que ni l'un ni l'autre ne semblions prêt à aborder. Hormis le boulot, il restait la vie amoureuse et je ne voulais pas aller sur ce terrain. Il restait ensuite la famille, mais Jay était sa sœur et ma meilleure amie et je savais donc déjà tout du reste de sa famille... quant à moi, je n'en avais plus. J'étais seule. « On va y arriver », assurais-je parce qu'il le fallait, parce que je devais être celle qui acceptait le mieux cette situation et qui pouvait gérer pour deux. « Il va nous falloir un peu de temps, c'est vrai, mais on trouvera nos marques. Je sais qu'on peut le faire. »

« Qu'est-ce qui s'est passé... avec ce type ? Ton collègue ? », demandais-je finalement au bout d'un moment, ayant épuisé tous les autres sujets que je pouvais trouver en les casant dans le tableau des ''sujets tabous'' ou ''sujets non abordable par l'ex-petite-amie''. « Je veux dire... Rhys, tu m'as jamais dit pourquoi tu avais une telle haine envers lui et vu comme tu es devenu fou quand il a proposé de me ramener je... Qu'est-ce qu'il a fait ? »

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❝'cause it's always been you and me against the world❞
No matter what they say. No matter what this life is. You are my best friend, my sister, my soulmates. It's always been you and me against the world, against the death... the life. My problem is you are just like him. I can let you go, but it's so hard to see him in your eyes, in your smile,... But it's doesn't matter. No matter what this life is. It's always been you and me against the world...
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MessageSujet: Re: ft 'Rhys ⊰ I can't breathe... Lun 20 Avr - 22:00



❝I can't breathe...❞
Pepper & Emrys
Retourner dans son café. Après tout ce qu’il s’est passé. Cet endroit avait une certaine importance, un certain impact pour nous, pour moi. Je l’ai connu depuis sa construction. J’ai même contribué à son évolution en bricolant deux-trois trucs. J’ai aidé Pepper à l’aménager. J’y ai installé moi-même toutes les alarmes et les systèmes de sécurité. C’était un projet qui lui tenait à cœur, et donc à moi aussi. Ce café était sa fierté, son bébé. Je sais à quel point elle y tient. J’y passais énormément de temps avant, à chaque fois que j’étais en repos ou que j’avais du temps libre. Je venais l’aider, jouant les serveurs quand il y avait foule. Ce n’est pas arrivé souvent, certes, parce qu’en général elle gérait très bien sans moi. Ou alors, je venais simplement m’asseoir à une table pour prendre un café et gouter ses délicieux gâteaux en lisant un bouquin que j’avais pris dans sa bibliothèque. Puis, en dehors de ces moments quotidiens, il y avait les moments d’intimité. J’adorais la voir travailler. Elle était tellement sérieuse, tellement sexy quand elle était concentrée que je prenais à chaque fois un malin plaisir à venir la perturber. Je me souviens quand elle préparait ses petites pâtisseries, je la regardais faire, appuyé contre le mur, la dévorant des yeux. Je finissais toujours par me faufiler derrière elle et je glissais mes mains sur ses hanches ou sur son ventre, lui mordillant l’oreille ou l’embrassant dans le cou en même temps. L’effet était quasi immédiat et on finissait par s’envoyer en l’air sur place ou dans son bureau.

Mais ce temps là est révolu. La dernière fois que j’ai mis les pieds dans son café ça s’est plutôt mal passé et notre discussion a limite viré au règlement de compte. Et c’est vrai que depuis qu’elle est partie, je n’ai jamais pu y retourner de moi-même. La dernière fois, je n’avais pas le choix. Je devais y aller pour mon boulot, mais de moi-même, je n’avais jamais pu y retourner. Là, c’est différent, elle me propose carrément de venir. Comment refuser ? Par contre, je ne savais pas quand exactement je pourrais y aller, mais en tout cas, je l’envisagerai. Parce que cette fois, elle s’attendra à me voir. Elle ne sera pas surprise. Et puis, tant que j’y serais pourquoi ne pas faire comme j’avais l’habitude de faire avant et de vérifier ses appareils et ses alarmes ? Comme ça, si elle m’offre mes consommations comme elle a l’habitude de faire, je me sentirais moins redevable si je fais quelque chose pour elle en échange. Cette fois, on ne partage plus le même compte en banque si je puis dire alors j’aurais moins l’impression de la voler. Même si j’envisage de payer quoi qu’elle dise. Elle n’a plus d’excuse maintenant. Si elle me les offre, elle perd de l’argent. Ça lui ferait plaisir apparemment, alors tant mieux. Ça me va. Je lui adressais un sourire pour lui montrer que cette histoire me convenait et elle ajouta qu’ainsi elle aurait l’esprit plus tranquille. Au moins, elle sait que je suis sérieux et que je ne laisserais passer aucune défaillance. Son café est entre de bonnes mains avec moi. J’eus l’impression qu’elle bafouilla sur mon prénom, mais peu importe. Ce n’est pas très naturel pour nous de nous appeler par nos prénoms, mais on va s’y faire. Il faudra bien. « Super. » Et elle me remercia. « Ne me remercie pas, c’est rien. » Je le faisais avant de toute façon.

J’étais un habitué ? Oui et non. Je suis déjà venu ici plusieurs fois ainsi que dans d’autres bars à coté de chez moi. Mais en général, je préfère boire tranquillement chez moi. J’ai la paix, je suis au calme et aucune fille ne vient m’aborder pour me draguer. Parce que c’est ça le souci des bars. Dès qu’elles repèrent un homme seul dans un coin, elles ne peuvent pas s’empêcher de rappliquer. Elles sont comme des abeilles attirées par le miel. Une fois, deux fois, bon. Mais à force, ça m’agace. Je ne suis pas intéressé. Elles sont peut-être jolies, certes, mais aucune d’elles ne m’intéresse et ne m’intéressera jamais. Mais allez leur expliquer ça quand elles sont déterminées ou aussi bourrées que vous. C’est pour ça que je préfère la tranquillité de mon appartement. Et puis ça coute moins cher. Je sors dans les bars uniquement quand je n’ai plus rien à boire chez moi ou quand on sort de temps en temps entre collègues. Ça arrive aussi. Mais bon, inutile de s’étendre sur le sujet, ça ne l’intéresse pas. Et évitons d’aborder le sujet de mon boulot sinon ça va encore partir en vrille.

C’est difficile de parler avec elle à l’heure actuelle. Avant, on pouvait parler de n’importe quel sujet sans tabou. Au jour d’aujourd’hui, c’est un peu plus compliqué. On ne peut pas aborder les sujets basiques que des amis se plaisent à évoquer. On ne peut pas parler de mon boulot sans se prendre la tête parce qu’on n’a pas la même vision des choses. Je ne veux pas aborder sa vie amoureuse parce que si j’apprends qu’elle fréquente quelqu’un, ça risque de m’anéantir définitivement. Alors qu’est-ce qu’il reste ? La famille ? De ce côté-là, on a vite fait le tour puisqu’il n’y a que Jay et on la côtoie tous les deux. Sinon, il reste mon père. Mais moi-même je prends peu de nouvelles. Son boulot à elle ? Déjà évoqué. Alors on est au point mort. Je lui ai avoué sincèrement ce que je pensais de ce silence pesant et de notre problème de communication. C’est vraiment perturbant de ne pas savoir quoi dire en face de la personne qu’on aime le plus au monde. Très honnêtement, ce n’est pas discuter qui m’intéresserait réellement dans l’immédiat. Ce que j’aimerais c’est la serrer dans mes bras, l’embrasser… Ce genre de chose. Mais je ne peux pas. Et c’est horriblement frustrant.

Elle m’assura qu’on allait y arriver. Mouais. Je reste sceptique là-dessus. C’est moi qui ai voulu qu’on reste en contact, qu’on redevienne de simples amis et voilà le résultat, même pas capable de trouver un sujet de conversation. Je suis pitoyable. Elle tenta de me rassurer, comme elle l’avait toujours fait. Dans certaines situations, il m’arrive de baisser rapidement les bras, d’être pessimiste. Mais elle a toujours été là pour me rebooster, comme elle est en train de le faire. Je relevais les yeux de mon café en soupirant. « J’espère. Sincèrement. » Mais le sujet suivant n’était pas vraiment très plaisant. Elle voulait savoir ce qu’il s’était passé entre mon collègue et moi, cet espèce de con pervers et obsédé qu’est James. C’est vrai qu’elle avait toujours remarqué qu’il y avait une certaine animosité entre nous et ça ne date pas d’hier. Je me suis carrément jeté sur lui tout à l’heure et ça risque de me couter cher. J’imagine que depuis le temps, elle a le droit de savoir ?

Je commençais à grimacer en repensant à lui et à l’époque où tout a commencé. Lorsqu’elle reprit la parole, je portais mon regard sur elle. Bon sang, Pepper, tu veux vraiment le savoir ? En même temps, si je lui explique, elle comprendra tout à fait ma réaction. Surtout en connaissant mon caractère. Quand on me connait, ma réaction est logique en fait. Ah, selon elle, je suis carrément devenu fou tout à l’heure. A ce point là ? Faut quand même pas exagérer. D’un côté, quand ça la concerne et qu’un mec s’approche d’un peu trop près à mon gout, je réagis souvent un peu excessivement. Je ne supporte pas ça, ce n’est pas de ma faute. Bref. Je pris une profonde inspiration pour soupirer. « Bon. » Je passais mes doigts sur ma barbe de trois-quatre jours avant de commencer. « Cette histoire remonte à plusieurs années. C’est un vrai con. Un obsédé. Un pervers. Tout ce que tu veux. Je n’ai jamais apprécié sa façon de parler des femmes comme des objets. Donc déjà de base, on n’était pas sur la même longueur d’ondes. Puis un jour, tu es venue avec Jay me rendre visite à la caserne, je ne sais même plus pourquoi. Quelques jours plus tard, je surprends une conversation entre lui et un autre de mes collègues. Une discussion à propos de vous en des termes pas très élogieux pour une femme que je ne vais certainement pas te répéter. » Une conversation digne de deux crétins en manque en somme. « Alors tu imagines sans mal qu’en entendant de tels propos sur ma sœur et ma copine, ça passe moyennement. Cette fois-là aussi je me suis jeté sur lui. Il va finir par en avoir l’habitude cet abruti. » Voilà à force de parler de lui ça m’énerve. « Enfin voilà. A chaque fois qu’il voit une fille qui lui plait, il va tout faire pour se la taper. D’abord, il va nous en parler à nous comme un gros beauf. Et quand il aura obtenu ce qu’il veut avec la demoiselle, il va nous raconter en détail ce qu’il a fait avec. Comme si ça nous intéressait. Le genre de type que je ne supporte pas, qui n’a aucun respect pour vous. Alors évidemment, le connaissant, quand il a commencé à te mettre le grappin dessus de façon absolument pas subtile, j’ai réagi. C’était plus fort que moi. C’est une raison suffisante pour toi ? » Je commençais à devenir mauvais malgré moi. Pas à cause d’elle. Mais ce type m’avait toujours répugné, depuis la seconde où je l’avais vu. Quand on était encore ensemble, je rentrais souvent énervé à cause de lui. Parler de lui me mettait toujours dans cet état de haine incontrôlée. Toujours.

© Pando

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